Problème — Une implication, sa réciproque, sa contraposée
Application directe du cours · niveau 2 · mathématiques (terminale), chapitre 11 — Vocabulaire ensembliste et logique
Énoncé
Problème — Une implication, sa réciproque, sa contraposée. On considère les deux propositions, relatives à une fonction et à un réel de son ensemble de définition :
: « est dérivable en » et : « est continue en ».
- Le chapitre 2 affirme . Traduire cette implication en termes de condition nécessaire et de condition suffisante.
- Énoncer la réciproque, et la réfuter par un contre-exemple.
- Énoncer la contraposée. Pourquoi n'y a-t-il rien à démontrer ?
- Utiliser la contraposée pour justifier, sans aucun calcul de taux d'accroissement, que la fonction définie sur par
n'est pas dérivable en .
- A-t-on ?
Corrigé
- Dans une implication vraie, l'hypothèse est suffisante et la conclusion est nécessaire. Donc :
- la dérivabilité en est une condition suffisante de continuité en (il suffit de savoir dérivable pour la savoir continue) ;
- la continuité en est une condition nécessaire de dérivabilité en (une fonction dérivable ne peut pas ne pas être continue).
- Réciproque : « si est continue en , alors est dérivable en ».
Elle est fausse. Contre-exemple, donné par le chapitre 2 : et . Cette fonction est continue en (les limites à gauche et à droite valent toutes deux ), mais sa courbe présente un point anguleux : les taux d'accroissement valent à gauche et à droite, ils n'ont pas de limite commune, donc n'est pas dérivable en .
Un seul contre-exemple suffit, car la réciproque est une proposition universelle (« pour toute fonction et tout point … ») : sa négation est une proposition existentielle, qu'un exemple établit.
- Contraposée : « si n'est pas continue en , alors n'est pas dérivable en ».
Il n'y a rien à démontrer : une implication et sa contraposée sont deux formulations d'un même énoncé, toujours équivalentes. Établir , c'est du même coup établir (non ) (non ). C'est ce qui distingue radicalement la contraposée de la réciproque.
- Étudions la continuité de en :
Les limites à gauche et à droite sont différentes, donc n'admet pas de limite en et n'y est pas continue (chapitre 2).
La contraposée s'applique alors directement : n'étant pas continue en , elle n'y est pas dérivable. Aucun taux d'accroissement n'a été calculé — c'est tout l'intérêt pratique de la contraposée : elle transforme une question difficile (« la limite du taux d'accroissement existe-t-elle ? ») en une question facile (« les limites à gauche et à droite coïncident-elles ? »).
- Non. On a mais pas (question 2). Une équivalence exige les deux sens ; ici, un seul est vrai. La classe des fonctions continues est strictement plus large que celle des fonctions dérivables.
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