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mécanique (PCSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Le virage relevé

Dynamique du point : les lois de Newton · B. Les trois lois de Newton · niveau 2

Énoncé

Une voiture (ou un cycliste), assimilée à un point matériel de masse , parcourt à vitesse constante un virage circulaire horizontal de rayon . La chaussée est relevée : dans un plan vertical contenant le centre du virage, elle fait l'angle avec l'horizontale, en montant vers l'extérieur du virage. La route exerce sur le véhicule une réaction qu'on décompose en une composante perpendiculaire à la chaussée et une composante parallèle à la chaussée, dans le plan vertical radial (force latérale due à l'adhérence des pneus) ; on compte positivement vers le bas de la pente, c'est-à-dire vers l'intérieur du virage. Le référentiel terrestre est galiléen ; .

a) Quelle est l'accélération du véhicule (direction, sens, norme) ? Rappeler le résultat du chapitre de cinématique utilisé.

b) En projetant la deuxième loi sur un axe parallèle à la chaussée, puis sur un axe perpendiculaire à la chaussée, établir Pourquoi ces deux axes sont-ils plus judicieux que l'horizontale et la verticale ?

c) En déduire la vitesse pour laquelle le virage est pris sans aucune force latérale : montrer que . Que se passe-t-il sur verglas à cette vitesse ?

d) Vélodrome : m, . Calculer en . Calculer le rapport à puis à , et interpréter son signe.

e) Bretelle d'autoroute : m, . Quel devers faudrait-il pour que le virage soit pris sans force latérale ? Commenter, sachant que les devers routiers ne dépassent guère quelques degrés. Quelle fraction de la réaction normale les pneus doivent-ils fournir en force latérale sur une route plane ?

Corrigé

a) L'accélération. Mouvement circulaire uniforme de rayon : d'après le chapitre de cinématique, l'accélération est centripète, , horizontale (le virage est dans un plan horizontal), dirigée vers le centre du virage, de norme .

b) Projeter sur les axes de la chaussée. Bilan des forces : le poids , vertical ; la réaction normale , perpendiculaire à la chaussée ; la force latérale , le long de la chaussée. Deux inconnues, et . Chacune est perpendiculaire à l'un des deux axes liés à la chaussée : en projetant sur l'axe parallèle à la chaussée, disparaît ; en projetant sur l'axe perpendiculaire, disparaît. Chaque projection donne directement une inconnue, sans système à résoudre. C'est cela, une projection judicieuse.

Il faut alors projeter aussi l'accélération, qui est horizontale, et le poids, qui est vertical, sur ces axes inclinés de .

  • Axe parallèle à la chaussée, orienté vers le bas de la pente (vers l'intérieur). L'accélération centripète, horizontale vers l'intérieur, fait l'angle avec cet axe : sa projection vaut . Le poids se projette en (il tire vers le bas de la pente). La force se projette en , en . D'où
  • Axe perpendiculaire à la chaussée, orienté vers le haut (sortant de la route). L'accélération se projette en (la normale à la chaussée penche vers l'intérieur du virage), le poids en , en , en . D'où

Vérification par les cas limites. Pour (route plane) : et — toute la force centripète vient des pneus, la réaction normale équilibre le poids. Pour (véhicule à l'arrêt dans le virage relevé) : (force vers le haut de la pente, qui empêche de glisser vers l'intérieur) et : on retrouve le bloc posé sur un plan incliné. Homogénéité : et sont deux accélérations, et sont bien des forces.

c) La vitesse de référence. La force latérale est nulle si et seulement si , c'est-à-dire À cette vitesse, la réaction normale fournit à elle seule la force centripète (avec le poids) : la voiture tiendrait le virage sur du verglas. C'est la raison d'être du devers. La masse n'intervient pas : la vitesse de référence est la même pour une moto et un camion.

d) Le vélodrome. : c'est l'ordre de grandeur des vitesses de course sur piste, ce qui justifie l'inclinaison spectaculaire des vélodromes.

Le rapport des deux composantes s'écrit, en divisant numérateur et dénominateur par :

  • À (, , ) : . Le signe moins signifie que la force latérale est dirigée vers le haut de la pente : trop lent, le cycliste tend à glisser vers l'intérieur, et ses pneus doivent le retenir avec près de la moitié de la réaction normale.
  • À : , force latérale vers le bas de la pente : trop rapide, le cycliste tend à monter vers l'extérieur, et ses pneus doivent fournir le complément de force centripète.

e) La bretelle d'autoroute. , : le devers idéal vaudrait . C'est irréaliste : à l'arrêt sur verglas, le b) avec montre qu'il faudrait une force latérale égale à de pour ne pas glisser vers l'intérieur. Les routes ont donc des devers de quelques degrés et comptent sur l'adhérence : sur route plane, , ce que fournit sans peine un pneu sur route sèche, et ce qui devient critique sur route mouillée.

Ce que l'exercice installe. On projette sur un axe perpendiculaire à l'inconnue qu'on veut éliminer : le geste reviendra pour le pendule (projection sur ), le plan incliné, toutes les liaisons. Et la « force centrifuge » n'existe pas dans le référentiel terrestre : les forces réelles doivent fournir l'accélération centripète.

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