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mécanique (PTSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Thomson pèse l'électron (1897)

Particules chargées dans un champ électrique ou magnétique · D. Mouvement dans un champ magnétostatique uniforme · niveau 2

Énoncé

J. J. Thomson fait passer des « rayons cathodiques » dans une région où règnent un champ électrique et un champ magnétique croisés. On note la charge des particules, leur vitesse d'entrée, et , avec et .

1) Exprimer la force électrique et la force magnétique à l'entrée. Montrer qu'elles sont colinéaires et opposées.

2) À quelle condition le faisceau traverse-t-il la région en ligne droite ? En déduire et la calculer. Cette condition dépend-elle de la charge et de la masse ? Que devient une particule plus rapide ? plus lente ?

3) On supprime : seul subsiste et le faisceau décrit un arc de cercle de rayon . Établir .

4) On mesure . Calculer , et comparer au rapport de l'ion hydrogène , connu à l'époque par l'électrolyse (). Qu'en conclut Thomson ?

5) Sous quelle tension ces électrons ont-ils été accélérés ? Le poids et les effets relativistes sont-ils négligeables ?

Corrigé

La stratégie. Deux réglages macroscopiques ( et pour annuler la déviation, puis seul pour courber) donnent deux équations, et deux équations suffisent à éliminer la vitesse, inconnue, pour isoler .

1) Les deux forces. . Pour la force magnétique, , d'où . Les deux forces sont portées par et de sens opposés : la force électrique tire le faisceau vers les négatifs, la force magnétique vers les positifs.

2) La non-déviation. Le faisceau va en ligne droite à vitesse constante si la résultante est nulle (principe d'inertie), donc si : La charge s'est simplifiée, et la masse n'est jamais intervenue : la condition ne dépend que de la vitesse. Une particule plus rapide subit une force magnétique plus grande que la force électrique et est déviée vers les positifs ; une particule plus lente est déviée vers les négatifs. Avec deux fentes alignées, le dispositif ne laisse passer que la vitesse : c'est le filtre de Wien, ou sélecteur de vitesse. On retrouve la vitesse de l'exercice 1.

3) La courbure. Avec seul, le mouvement est circulaire uniforme de rayon , d'où en remplaçant par la valeur mesurée au 2). Le rapport ne s'exprime plus qu'en fonction de trois grandeurs macroscopiques : deux réglages et une longueur.

4) La mesure. en accord avec calculé avec les constantes actuelles. C'est environ fois le rapport de l'ion hydrogène. Si les rayons cathodiques portent la même charge, en valeur absolue, que l'ion hydrogène, ils sont près de deux mille fois plus légers que l'atome le plus léger : ce sont des corpuscules subatomiques, présents dans toute matière puisque le résultat ne dépend ni du gaz ni de la cathode. C'est la découverte de l'électron.

5) Ordres de grandeur. La vitesse s'obtient sous une tension . Le rapport du poids à la force électrique vaut : il est négligeable. Et : les corrections relativistes, de l'ordre de , sont de .

Ce que l'exercice installe. La mesure d'une grandeur microscopique par des réglages macroscopiques : une condition d'équilibre élimine une inconnue (la vitesse), une seconde mesure isole la grandeur cherchée. Et la vitesse , qui reviendra chaque fois que des champs électrique et magnétique croisés agissent ensemble.

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