La liberté consiste-t-elle à faire ce que l'on veut ?
Application directe du cours · niveau 1 (application) · philosophie (terminale), chapitre 1 — La dissertation philosophique
Énoncé
La liberté consiste-t-elle à faire ce que l'on veut ?
Corrigé
Analyse du sujet. « Liberté » : pouvoir d'agir sans contrainte (sens négatif), mais aussi autonomie de la volonté qui se donne ses propres lois (sens positif). « Faire ce que l'on veut » : suivre ses désirs, ses caprices. Le sujet présuppose que la liberté pourrait s'identifier à la satisfaction des désirs. La tension : il semble évident que la liberté, c'est l'absence d'entrave (« être libre, c'est faire ce qu'on veut ») ; mais celui qui obéit à tous ses désirs n'est-il pas l'esclave de ses passions ?
Problématique. Faire ce que l'on veut, est-ce être réellement libre, ou n'est-ce pas plutôt se soumettre à la tyrannie de désirs que l'on n'a pas choisis ? La liberté ne suppose-t-elle pas, au contraire, une maîtrise de soi ?
Plan détaillé.
- I. La liberté semble être l'absence de contrainte, donc le pouvoir de faire ce que l'on veut. Spontanément, est libre celui qui n'est ni empêché ni contraint. Référence : Hobbes (Léviathan) définit la liberté comme l'absence d'obstacles extérieurs au mouvement. Faire ce que l'on veut serait l'expression même de cette liberté.
- II. Mais faire ce que l'on veut, c'est souvent obéir à ses désirs, donc n'être pas maître de soi. Celui qui suit ses passions est passif, déterminé par elles. Référence : Platon (Gorgias) montre, par la figure de Calliclès, que l'homme aux désirs sans frein est comparable à un tonneau percé, jamais rassasié, donc jamais libre. La liberté comme licence se retourne en esclavage.
- III. Être libre, c'est se rendre maître de soi par la raison, c'est-à-dire être autonome. La véritable liberté n'est pas le caprice mais l'autonomie : se donner à soi-même sa loi. Référence : Kant (Fondation de la métaphysique des mœurs) : « l'autonomie de la volonté » consiste à obéir à la loi morale que la raison se prescrit. Rousseau (Du contrat social) : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté ». Faire ce que l'on veut n'est donc libre que si l'on veut ce que la raison approuve.
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