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Problème — Explication de « De l'inégalité parmi les hommes » (Rousseau)

Application directe du cours · niveau 2 · philosophie (terminale), chapitre 2 — L'explication de texte philosophique

Énoncé

Problème — Explication de « De l'inégalité parmi les hommes » (Rousseau).

Expliquez le texte suivant :

<blockquote class="border-l-4 border-gray-300 pl-4 italic my-4 text-gray-600"> « Il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue [les animaux et l'homme], et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation, c'est la faculté de se perfectionner ; faculté qui, à l'aide des circonstances, développe successivement toutes les autres, et réside parmi nous tant dans l'espèce que dans l'individu ; au lieu qu'un animal est au bout de quelques mois ce qu'il sera toute sa vie, et son espèce, au bout de mille ans, ce qu'elle était la première année de ces mille ans. »

— Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)

Corrigé

Thème. Le texte porte sur ce qui distingue spécifiquement l'homme de l'animal, c'est-à-dire sur le propre de l'homme.

Thèse. Pour Rousseau, ce qui caractérise en propre l'homme n'est pas une faculté déterminée (comme la raison, qu'il avait déjà discutée), mais la perfectibilité : la capacité indéfinie de se transformer et de développer ses facultés, capacité dont l'animal est dépourvu.

Mouvements.

Analyse. Dans le premier mouvement, Rousseau présente la perfectibilité comme une qualité « sur laquelle il ne peut y avoir de contestation » : il la donne comme un fait observable, plus sûr que la raison dont la nature prête à débat. Cette faculté est définie comme la capacité de « se perfectionner », c'est-à-dire de changer et de progresser. Point essentiel : elle « développe successivement toutes les autres ». La perfectibilité n'est donc pas une faculté parmi d'autres, mais la faculté des facultés, celle qui rend possible l'acquisition de toutes les autres (langage, raison, techniques). Rousseau précise enfin qu'elle agit « tant dans l'espèce que dans l'individu » : l'homme se transforme à l'échelle de sa vie (éducation) comme à celle de son histoire (civilisation).

Le second mouvement procède par contraste, signalé par « au lieu que ». L'animal, lui, est figé : « au bout de quelques mois ce qu'il sera toute sa vie ». L'individu animal atteint vite un état définitif. Plus frappant encore, l'espèce animale est immobile : « au bout de mille ans, ce qu'elle était la première année ». L'opposition des échelles de temps (quelques mois pour l'individu, mille ans pour l'espèce) souligne l'absence totale d'histoire chez l'animal, opposée au devenir proprement humain.

Présupposé et enjeu. Le texte présuppose que la nature humaine n'est pas fixée une fois pour toutes : l'homme n'a pas d'essence achevée, il est ce qu'il se fait « à l'aide des circonstances ». L'enjeu est considérable. D'une part, la perfectibilité explique la grandeur de l'homme, capable de culture et de progrès. D'autre part — et c'est tout le sens du Discours —, elle est ambivalente : la même faculté qui permet le progrès rend possible la corruption et l'apparition des inégalités. La perfectibilité est donc la source de tout ce qui fait l'humanité de l'homme, pour le meilleur comme pour le pire.

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