A-t-on besoin d'autrui pour être soi-même ?
Application directe du cours · niveau 2 · philosophie (terminale), chapitre 3 — La conscience et l'inconscient
Énoncé
A-t-on besoin d'autrui pour être soi-même ?
Corrigé
Analyse. « Avoir besoin » : dépendre nécessairement. « Être soi-même » : à la fois exister comme sujet singulier et accéder à la connaissance de soi. Autrui : l'autre que moi, mon semblable.
Problématique. La conscience de soi se suffit-elle à elle-même (le « je » cartésien solitaire), ou exige-t-elle la médiation d'autrui ?
Plan détaillé.
- I. Le soi paraît premier et solitaire. Le cogito de Descartes s'établit dans la solitude du doute : je n'ai besoin de personne pour savoir que je pense et que j'existe. L'intériorité semble autosuffisante.
- II. Mais autrui est nécessaire à la conscience de soi. Hegel : la conscience de soi ne se réalise que reconnue par une autre conscience (dialectique de la reconnaissance). Sartre : sous le regard d'autrui, je découvre des dimensions de mon être (la honte) inaccessibles seul. Autrui est « le médiateur indispensable entre moi et moi-même ».
- III. Dépassement. Autrui est nécessaire mais ambivalent : il me révèle (reconnaissance) et m'aliène (chosification par le regard). Être soi-même, c'est donc à la fois s'appuyer sur autrui pour se connaître et conquérir sa singularité sans se réduire à l'image qu'il me renvoie. L'identité personnelle (Locke) se construit dans ce jeu entre intériorité et reconnaissance.
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