L'inconscient est-il une excuse ?
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · philosophie (terminale), chapitre 3 — La conscience et l'inconscient
Énoncé
L'inconscient est-il une excuse ?
Corrigé
Analyse. « Excuse » : raison invoquée pour se décharger d'une responsabilité. Le sujet demande si l'hypothèse de l'inconscient, en posant des forces qui agissent en nous à notre insu, supprime notre responsabilité morale.
Problématique. Reconnaître un inconscient revient-il nécessairement à se déresponsabiliser, ou peut-on concilier déterminisme psychique et liberté ?
Plan détaillé.
- I. L'inconscient semble excuser. Si mes actes ont une cause inconsciente (Freud), je ne les ai pas voulus librement ; je ne saurais en répondre. C'est l'objection d'Alain : l'inconscient est une « idole » qui sert d'excuse, et de Sartre : il masque la mauvaise foi, le refus d'assumer sa liberté.
- II. Mais Freud ne supprime pas la responsabilité. La psychanalyse vise précisément à rendre conscient l'inconscient (« là où était le ça, le je doit advenir »). Prendre conscience de ses déterminations, c'est en regagner la maîtrise. L'inconscient n'est pas une fatalité mais un point de départ pour la liberté.
- III. Dépassement. La vraie question est moins de savoir si l'inconscient existe que de savoir ce que j'en fais. Invoquer l'inconscient pour fuir est une mauvaise foi (Sartre) ; le reconnaître pour se transformer est un acte de responsabilité. La liberté n'est pas absence de déterminations mais travail sur elles.
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