Suis-je ce que j'ai conscience d'être ?
Application directe du cours · niveau 1 (application) · philosophie (terminale), chapitre 3 — La conscience et l'inconscient
Énoncé
Suis-je ce que j'ai conscience d'être ?
Corrigé
Analyse. Le sujet oppose mon être (ce que je suis réellement) à ce dont j'ai conscience. Il présuppose que les deux pourraient ne pas coïncider. « Être » renvoie à la totalité de ce que je suis (corps, histoire, désirs, rapports aux autres) ; « avoir conscience » renvoie à la connaissance immédiate que j'en prends.
Problématique. La conscience me donne-t-elle une connaissance adéquate de mon être, ou ne m'en livre-t-elle qu'une représentation partielle, voire trompeuse ?
Plan détaillé.
- I. Oui : la conscience me révèle mon être. Le cogito de Descartes montre que la conscience saisit avec certitude mon existence comme sujet pensant. Avec Kant, pouvoir dire « Je » fonde mon identité de personne. La conscience semble le lieu d'une transparence à soi.
- II. Non : je m'ignore en partie. L'hypothèse freudienne de l'inconscient montre que des désirs refoulés me déterminent à mon insu (acte manqué, rêve). Mon être déborde ce que j'en sais ; le « moi n'est pas maître dans sa propre maison ». De plus, autrui (Sartre, Hegel) me révèle des aspects de moi que je ne saisis pas seul : sous le regard, je découvre un être-pour-autrui.
- III. Dépassement : connaître son être est une tâche, non un donné. La conscience n'est ni transparence totale ni pure illusion. Avec Alain et Sartre, on peut refuser de se déresponsabiliser derrière l'inconscient (mauvaise foi). Se connaître suppose un travail (réflexion, dialogue, parfois analyse) : « Deviens ce que tu es ». Mon être n'est pas un fait à constater mais une conquête.
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