Problème — Explication de « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » (Descartes)
Application directe du cours · niveau 2 · philosophie (terminale), chapitre 4 — La raison et la vérité
Énoncé
Problème — Explication de « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » (Descartes).
Texte. « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ; car chacun pense en être si bien pourvu que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. » (Descartes, Discours de la méthode, première partie, 1637.)
Corrigé
Thèse. Descartes ouvre son ouvrage par une affirmation paradoxale : la raison (le « bon sens », c'est-à-dire la puissance de bien juger) est également répartie entre tous les hommes. Loin d'être un privilège de quelques-uns, elle est universelle.
Explication. L'argument est ironique et subtil : la preuve que chacun possède le bon sens, c'est que personne ne s'en plaint de manquer ; or les hommes, si exigeants pour tout le reste (richesses, talents), ne désirent jamais davantage de raison. Chacun s'estime assez sensé. Cette satisfaction universelle prouve, selon Descartes, que la faculté de raisonner est bien commune à tous.
Enjeu. En posant l'égalité des esprits, Descartes déplace le problème : si tous ont la raison, alors la diversité des opinions et des erreurs ne vient pas d'une inégalité des facultés, mais d'une différence dans leur usage. « Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. » D'où la nécessité d'une méthode. Le texte fonde ainsi le projet cartésien : la vérité est accessible à tous, à condition de bien conduire sa raison.
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