Toutes les vérités se valent-elles ?
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · philosophie (terminale), chapitre 4 — La raison et la vérité
Énoncé
Toutes les vérités se valent-elles ?
Corrigé
Analyse et problématique. « Se valoir » peut signifier avoir la même valeur de vérité (vrai/faux) ou la même importance, ou encore relever du même mode de justification. Le sujet vise la tentation relativiste : si toutes les vérités se valaient, aucune ne s'imposerait. Problème : existe-t-il une hiérarchie ou des types distincts de vérités, ou faut-il les égaliser ?
Plan détaillé.
- I. Toutes les vérités semblent égales. Une proposition est vraie ou fausse, sans degré ; en ce sens, « 2+2=4 » et « il pleut » sont également vraies. Le relativisme ajoute : à chacun sa vérité.
- II. Mais les vérités diffèrent par leur nature et leur fondement. Vérités formelles (cohérence) et vérités de fait (correspondance) ne se justifient pas de la même façon (Leibniz : vérités de raison / vérités de fait). Une vérité démontrée n'a pas le même statut qu'une opinion vraie.
- III. Le relativisme se réfute lui-même. Affirmer que toutes les vérités se valent est soit une vérité universelle (donc le relativisme est faux), soit une simple opinion (donc sans portée). Toutes les vérités ne se valent pas : certaines s'imposent universellement, d'autres restent relatives à un point de vue.
Références mobilisables : Leibniz (distinction vérités de raison / vérités de fait), Platon (Théétète, réfutation de Protagoras), Kant.
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