Peut-on penser sans langage ?
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · philosophie (terminale), chapitre 6 — Le langage
Énoncé
Peut-on penser sans langage ?
Corrigé
Analyse et problématique. « Pouvoir » est ici à entendre au sens de possibilité de fait et de droit. La question oppose deux conceptions : la pensée est-elle indépendante du langage (instrumentalisme) ou en dépend-elle essentiellement (solidarité) ? L'enjeu est notre liberté : si je ne pense que par les mots de ma langue, ma pensée est-elle encore mienne, ou suis-je déterminé par le système qui m'a précédé ?
Plan.
- Il semble qu'on puisse penser sans langage : intuitions, images mentales, sentiment de « chercher ses mots » pour une idée déjà présente. La pensée serait première, le langage second.
- Mais cette indépendance est une illusion : Hegel, « c'est dans les mots que nous pensons » ; l'expérience montre que l'idée prétendument claire se révèle confuse tant qu'elle n'est pas formulée. Penser, c'est se parler. Le langage structure et rend possible la pensée.
- Dépassement : il existe peut-être une pensée pré-verbale (le geste de l'artiste, l'intuition de Bergson) que le langage ne peut épuiser. Le langage est nécessaire à la pensée conceptuelle, mais la vie de l'esprit le déborde par certains côtés.
Références. Hegel (Encyclopédie), Bergson (le langage généralise et fige), Platon (la pensée comme dialogue de l'âme avec elle-même).
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.