physique des ondes (PTSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD
Cuve à ondes et stroboscope
Ondes progressives sinusoïdales et dispersion · B. Vitesse de phase · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Un vibreur de fréquence Hz produit à la surface d'une cuve à ondes des ondes planes rectilignes. On éclaire la cuve avec un stroboscope de fréquence réglable (éclairs très brefs) et l'on observe l'image projetée des crêtes. Sous éclairage stroboscopique bien réglé, on mesure sur l'image (corrigée du grandissement) une distance de cm pour cinq longueurs d'onde.
1) Expliquer pourquoi les crêtes paraissent immobiles pour Hz, mais aussi pour Hz et Hz. Comment trouver si on ne la connaissait pas ? En déduire et la vitesse de phase .
2) Entre deux éclairs, de quelle distance l'onde a-t-elle avancé ? Montrer que, pour légèrement différente de , l'œil voit les crêtes avancer lentement à la vitesse apparente . Calculer pour Hz puis Hz. Commenter le second cas.
3) Que voit-on pour Hz ? Quel piège cela tend-il à qui mesure ?
4) Au cinéma (24 images par seconde), les roues d'une diligence semblent parfois tourner à l'envers. Relier ce phénomène à la question 2.
5) Un point de la surface de l'eau avance-t-il à ? Que mesure exactement le stroboscope : la vitesse d'un objet ou celle d'un motif ?
Corrigé
La stratégie. Le stroboscope ne montre pas l'onde : il en montre une suite de photographies, prises toutes les . L'œil relie chaque crête à la crête la plus proche sur la photographie suivante. Tout l'exercice consiste à calculer de combien l'onde avance entre deux éclairs, puis à ramener cette avance modulo .
1) L'immobilité apparente. Entre deux éclairs, l'onde avance de . Si cette avance est un nombre entier de longueurs d'onde, la photographie suivante est identique à la précédente : les crêtes semblent immobiles. C'est le cas pour entier, soit Hz (), Hz (), Hz, Hz ()… Pour trouver inconnue, on cherche la plus grande fréquence d'éclairs donnant une image immobile avec l'espacement normal des crêtes (on verra à la question 3 pourquoi cette précision compte) : c'est . Ensuite Mesurer cinq longueurs d'onde plutôt qu'une divise par cinq l'incertitude de lecture.
2) Le mouvement apparent. Pour voisine de , l'avance entre deux éclairs vaut . L'œil, qui associe chaque crête à la plus proche, ne voit que l'excès sur une longueur d'onde : , parcouru en . La vitesse apparente est donc Pour Hz : , les crêtes avancent lentement, dans le vrai sens. Pour Hz : : les crêtes semblent reculer vers le vibreur, alors que l'onde avance. Entre deux éclairs, chaque crête a parcouru un peu moins d'une longueur d'onde, et l'œil l'attribue à la crête qui la suivait.
3) À 40 Hz. Entre deux éclairs, l'onde avance de : un éclair sur deux montre les crêtes à mi-chemin des précédentes. L'œil superpose les deux images : on voit des crêtes deux fois plus serrées, espacées de cm, et immobiles. Le piège : sans connaître , on mesurerait cm, deux fois trop petit. D'où la précaution de la question 1 : la bonne fréquence d'éclairs est la plus grande qui donne une image immobile et nette sans dédoublement.
4) Les roues de diligence. Une roue à rayons est un motif périodique (en angle) qui défile, comme les crêtes ; la caméra en prend 24 photographies par seconde. Si, entre deux images, chaque rayon tourne d'un peu moins que l'écart entre deux rayons, l'œil l'associe au rayon qui le précédait : la roue semble tourner lentement à l'envers, exactement comme les crêtes à Hz. C'est le même effet que la question 2, avec la fréquence de passage des rayons à la place de et 24 Hz à la place de .
5) Ce que mesure le stroboscope. Un point de la surface ne fait qu'osciller verticalement (et un peu horizontalement) autour de sa position : il n'avance pas à . Le stroboscope mesure la vitesse d'un motif — l'endroit où se trouve une crête — et non celle d'un objet. La vitesse apparente , qui peut être négative ou nulle, est elle aussi celle d'un motif, reconstruit par l'œil : c'est pourquoi elle peut prendre n'importe quelle valeur.
Ce que l'exercice installe. La vitesse de phase est celle d'un motif, pas d'une matière ; un échantillonnage périodique (stroboscope, caméra, écran) ne voit une onde que modulo une période, d'où des mouvements apparents lents, nuls ou inversés. On retrouvera cette ambiguïté pour le déphasage (exercice 3) et, en informatique, sous le nom de repliement de spectre.
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