Adloun

physique des ondes (PTSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Problème : mesurer la célérité du son par la méthode de Lissajous

Ondes progressives sinusoïdales et dispersion · C. Déphasage entre deux points · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un haut-parleur est alimenté par un générateur à la fréquence Hz. Un microphone fixe , branché sur la voie X d'un oscilloscope, et un microphone mobile , branché sur la voie Y et déplacé le long d'un banc gradué, sont alignés avec la source, plus loin que . L'air est à 20 °C. En mode XY, le spot de l'oscilloscope a pour abscisse la tension et pour ordonnée la tension .

1) Justifier qu'on puisse écrire et , et relier à la distance et à .

2) Montrer que le point décrit la courbe d'équation qui est une ellipse. Décrire la figure pour , et .

3) Lecture d'un déphasage. L'ellipse coupe l'axe vertical en . Montrer que . Application : divisions, division, grand axe dans le premier quadrant. Déterminer entre et . Pourquoi l'écran ne permet-il pas de savoir si est en retard ou en avance ?

4) Protocole. On note les positions de sur le banc pour lesquelles l'écran montre une droite de pente positive : ; ; ; ; cm (lectures à cm près). En déduire par régression linéaire, puis avec son incertitude. Pourquoi exploiter les quatre intervalles plutôt qu'un seul ?

5) On recommence à 500, 2000 et 4000 Hz et l'on trouve ; ; cm (chacune à environ cm près). L'air est-il dispersif dans le domaine audible ? Relier à l'expérience quotidienne d'un orchestre entendu de loin.

6) Ordre de grandeur. On admet avec et K. Quelle valeur attend-on à 20 °C ? Avec quelle précision faut-il connaître la température pour que la thermométrie ne limite pas la mesure de la question 4 ?

Corrigé

1) Les deux tensions. Les microphones convertissent la surpression en tension, sans déphasage propre si l'on suppose les deux micros identiques. En , on choisit l'origine des temps pour que . L'onde arrive en avec le retard : par l'exercice 3, avec Les amplitudes diffèrent (, plus loin, reçoit moins) mais cela n'affecte pas la phase.

2) L'ellipse. Posons et . Alors . Élevons au carré et utilisons : puisque . C'est une courbe fermée, bornée (, ), d'équation du second degré : une ellipse inscrite dans le rectangle . Pour : , le segment , une droite de pente positive ; pour : , une droite de pente négative ; pour : , une ellipse d'axes portés par les axes de l'écran (un cercle si et occupent le même nombre de divisions). Ce n'est pas une superposition d'ondes : les deux signaux sont envoyés sur deux voies perpendiculaires, et l'ellipse est une construction géométrique.

3) Lecture d'un déphasage. Sur l'axe vertical, , donc et l'équation donne : . Ici , donc ou . Le grand axe dans le premier quadrant signifie que et sont le plus souvent de même signe, c'est-à-dire (le terme favorise alors ) : . L'équation ne dépend que de et de : elle est la même pour et . Le retard et l'avance ne se distinguent que par le sens de parcours du spot, invisible sur une trace persistante ; c'est la géométrie ( plus loin) qui dit que est en retard.

4) La mesure de et de . Une droite de pente positive signifie modulo : entre deux positions successives, a augmenté de . Les positions () doivent vérifier . La régression linéaire de en fonction de (par exemple avec numpy.polyfit) donne une pente l'incertitude étant estimée à partir de la dispersion des points autour de la droite (écarts de ; ; ; ; cm, compatibles avec les cm de lecture). Donc Un seul intervalle aurait donné cm à environ cm près (deux lectures), soit : cinq fois moins précis. Mesurer sur quatre longueurs d'onde divise l'effet de l'erreur de lecture par quatre, et la régression vérifie de plus que les points sont bien alignés — ce qui contrôle le protocole.

5) L'air est-il dispersif ? Les produits valent ; ; ; , avec des incertitudes d'environ , , et (une erreur de cm pèse d'autant plus que est petite). Toutes ces valeurs sont compatibles avec une même célérité, autour de : sur un facteur 8 en fréquence, la vitesse de phase ne varie pas de façon mesurable. L'air est non dispersif dans le domaine audible. C'est ce que dit l'expérience : un orchestre entendu de loin reste juste et en mesure, les notes graves et aiguës d'un même accord arrivent ensemble ; si l'air était dispersif, un accord lointain se décomposerait en arpège. (Le tonnerre lointain gronde grave pour une autre raison : l'air absorbe davantage les aigus sur de longues distances. L'absorption n'est pas la dispersion.)

6) La température. À 20 °C, K et , en accord avec la mesure (). En différentiant la loi, : une erreur de 1 K donne %, soit — exactement l'incertitude de la mesure. Il faut donc connaître la température au kelvin près ; un thermomètre ordinaire suffit, mais une erreur de quelques degrés (une salle mal chauffée, un appareil près d'une fenêtre) dominerait l'incertitude.

Le résultat obtenu : la méthode des figures de Lissajous. Deux signaux sinusoïdaux de même fréquence, envoyés sur les deux voies d'un oscilloscope en mode XY, tracent une ellipse qui dégénère en droite lorsqu'ils sont en phase ou en opposition ; le déphasage se lit par . En repérant les positions successives d'un microphone où la droite réapparaît, on mesure la longueur d'onde, puis la célérité — ici à 20 °C — et l'on vérifie, en changeant de fréquence, que l'air est un milieu non dispersif.

Ce que l'exercice installe. Le déphasage dû à la propagation devient une mesure : on repère des coïncidences de phase plutôt que des retards, parce qu'une coïncidence se voit mieux qu'une durée se lit. La régression sur plusieurs intervalles, l'estimation de l'incertitude, la comparaison à une valeur attendue et la recherche du facteur limitant (ici la température) sont la démarche de tout travail expérimental. Et la non-dispersion de l'air, posée au chapitre 1 comme une hypothèse, est ici vérifiée.

100 % gratuit

La suite du chapitre est sur Adloun

Exercice suivant et tuteur

Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre

Exercice suivant et tuteur →