sciences industrielles (MPSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Barrière de télépéage : diagramme d'états, chronogramme et débit
Ingénierie Système et Description Fonctionnelle · B. Le langage SysML · niveau 2
Énoncé
Une voie de télépéage d'autoroute est équipée d'une barrière levante. Une antenne lit le badge du véhicule quand son avant est à de la barrière ; une boucle de détection noyée dans la chaussée, longue de , commence juste après la barrière et signale la présence d'un véhicule. Les véhicules franchissent la voie à ; ils mesurent . L'ouverture et la fermeture de la lisse durent chacune . Le comportement de la commande est décrit par le diagramme d'états :
La temporisation « after(1 s) » démarre quand la boucle devient libre (l'arrière du véhicule l'a quittée). Exigence : débit d'au moins véhicules par heure. Exigence de sécurité : la lisse ne doit jamais descendre sur un véhicule.
1) Nommer, sur ce diagramme, un état, une transition, un événement, une condition de garde et une activité.
2) Un véhicule seul arrive. On prend à la validation du badge. Calculer les instants où la lisse est entièrement levée, où l'avant du véhicule atteint la barrière, où son arrière quitte la boucle, où la fermeture commence et où la lisse est baissée. Tracer le chronogramme : état actif, position de la lisse, état de la boucle.
3) Avec ce diagramme, un badge lu dans un autre état que « Fermée » est ignoré. Quel est l'intervalle minimal entre deux véhicules ? En déduire le débit maximal et conclure sur l'exigence.
4) Ajouter deux transitions pour qu'un badge validé pendant « Ouverte » ou pendant « Fermeture » soit pris en compte. Que devient le débit ?
5) Un véhicule qui suit le précédent de trop près, sans badge, s'arrête sur la boucle pendant la fermeture. Que fait la commande ? Ajouter la transition qui satisfait l'exigence de sécurité.
Corrigé
La stratégie. On lit le diagramme d'états comme un automate : on n'est jamais que dans un état, on n'en sort que par une transition, et une transition n'est franchie que si son événement survient et que sa garde est vraie. Le chronogramme se construit en suivant le scénario, transition par transition, avec les durées physiques.
1) Vocabulaire. « Ouverte » est un état ; la flèche de « Fermée » vers « Ouverture » est une transition ; « badgeValide » est l'événement qui la déclenche ; « boucle libre » est une condition de garde (la transition n'est franchie que si elle est vraie) ; « after(1 s) » est un événement temporel ; « do : monter » est une activité, exécutée tant que l'état est actif.
2) Un véhicule. Vitesse .
- lisse levée : (fin de l'état « Ouverture ») ;
- avant à la barrière : , après la fin de l'ouverture (marge ) ;
- arrière hors de la boucle : l'avant doit avoir parcouru , soit ;
- début de fermeture : ;
- lisse baissée : .
(La boucle est occupée de , quand l'avant passe la barrière, jusqu'à .)
3) Débit. Le badge du véhicule suivant n'est pris en compte qu'une fois la lisse revenue dans l'état « Fermée » : l'intervalle minimal entre deux validations est , d'où un débit maximal de véhicules par heure. L'exigence en demande , c'est-à-dire un intervalle de : non conforme, déficit de . Ce n'est ni le moteur ni la lisse qui limitent, c'est la logique : le diagramme oblige la barrière à se refermer entre deux véhicules.
4) Deux transitions. On ajoute « Ouverte Ouverte » sur badgeValide (la temporisation repart de zéro : la lisse reste levée) et « Fermeture Ouverture » sur badgeValide (on remonte sans attendre la fin de course basse). Un second véhicule validé à trouve la lisse encore levée (la fermeture ne commençait qu'à ) : il passe sans arrêt. Le débit n'est plus limité par la barrière mais par l'espacement des véhicules eux-mêmes : à d'intervalle (la règle des deux secondes, plus la décélération d'approche), on atteint les véhicules par heure. Conforme.
5) Sécurité. Dans l'état « Fermeture », rien ne surveille la boucle : la lisse descendrait sur le véhicule arrêté. On ajoute la transition « Fermeture Ouverture » sur l'événement « boucle occupée ». Le véhicule sans badge reste alors sous la lisse levée, ce qui déclenche l'alarme de passage frauduleux (une autre exigence) ; mais la sécurité prime sur la recette. Une exigence de sécurité se traduit presque toujours par une transition de plus, à vérifier dans tous les états où le danger existe.
Ce que l'exercice installe. Un diagramme d'états se lit comme un automate : un état actif, des transitions franchies sur un événement si la garde est vraie, des activités pendant les états. Le chronogramme se construit en suivant un scénario avec les durées physiques, et une performance (ici le débit) se lit dessus. Une limite de performance peut venir de la logique et non de la puissance ; une exigence de sécurité se traduit par des transitions à ajouter dans chaque état concerné.
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