Adloun

Pourquoi obéit-on ?

Exercice de TD · niveau 2 · SES (seconde), chapitre 5 — Comment s'organise la vie politique ? · Le pouvoir politique et l'État

Énoncé

Un automobiliste s'arrête au feu rouge à trois heures du matin, alors qu'aucune voiture ni aucun contrôle n'est en vue.

  1. Pourquoi s'arrête-t-il ? Le pouvoir s'exerce-t-il ici par la contrainte ?
  2. Définir la légitimité d'un pouvoir.
  3. Que se passerait-il si un pouvoir cessait d'être perçu comme légitime ?
  4. En quoi la légitimité est-elle plus économique, pour un pouvoir, que la force ?

Corrigé

1. Il s'arrête sans qu'aucune contrainte ne s'exerce : la règle est intériorisée, et l'autorité qui l'a posée est reconnue comme fondée à le faire. Le pouvoir agit ici sans recourir à la force.

2. Un pouvoir est légitime quand ceux qui lui sont soumis reconnaissent son droit à commander et acceptent, au moins en partie, de lui obéir sans qu'il soit besoin de recourir systématiquement à la force.

3. Il devrait faire respecter ses décisions par la contrainte permanente : contrôles multipliés, sanctions, présence policière constante. L'obéissance deviendrait conditionnelle à la surveillance.

4. C'est le point décisif. Un pouvoir qui doit contraindre en permanence doit surveiller chaque citoyen, à chaque instant — ce qui est matériellement impossible et ruineux. La légitimité est ce qui permet à un pouvoir de fonctionner sans être partout à la fois.

On mesure d'ailleurs la légitimité d'une règle à ce qui se passe quand personne ne regarde : c'est le même critère que l'intériorisation d'une norme, vue au chapitre précédent.

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