Croissance et émissions en France : un découplage ?
Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 1 — Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?
Énoncé
Croissance et émissions en France : un découplage ?
| France | 1990 | 2022 |
|---|---|---|
| PIB en volume (indice base 100 en 1990) | 100 | 158 |
| Émissions territoriales de gaz à effet de serre (Mt COe) | 546 | 404 |
{ Sources : INSEE, comptes nationaux (indice arrondi) ; CITEPA, inventaire Secten,
- Mt COe : millions de tonnes équivalent CO.}
Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 404 ».
Question 2. Calculez le coefficient multiplicateur du PIB en volume entre 1990 et 2022, puis le taux de variation des émissions territoriales sur la même période.
Question 3. On parle de découplage lorsque le PIB augmente alors que les émissions diminuent. Ce découplage suffit-il à conclure que la croissance française est devenue soutenable ? Vous mobiliserez la notion d'empreinte carbone et vos connaissances sur les limites écologiques.
Corrigé
Question 1. En 2022, selon le CITEPA, les émissions territoriales de gaz à effet de serre de la France s'élevaient à 404 millions de tonnes équivalent CO.
Question 2. Coefficient multiplicateur du PIB : : le PIB en volume a été multiplié par environ 1,6 entre 1990 et 2022, soit une hausse de 58 %. Taux de variation des émissions : : les émissions territoriales ont baissé d'environ 26 % (soit 142 Mt de moins).
Question 3. Le tableau montre un découplage absolu : le PIB croît de près de 60 % pendant que les émissions territoriales reculent d'un quart. Ce constat, conforme au cours (« le découplage entre PIB et émissions, observé en Europe »), est réel mais insuffisant pour trois raisons.
- Les émissions territoriales ne comptent que ce qui est émis en France. La France a désindustrialisé et importe davantage de biens fabriqués ailleurs : son empreinte carbone (émissions incorporées dans la consommation des ménages, y compris les importations) est, selon le SDES, supérieure d'environ moitié aux émissions territoriales, et elle a beaucoup moins baissé. Une partie du découplage est donc une délocalisation des émissions.
- Le rythme est trop lent au regard de l'objectif de neutralité carbone en 2050 : une baisse de 26 % en 32 ans est très loin de la division par six des émissions brutes par rapport à 1990 que prévoit la stratégie nationale bas-carbone.
- Le climat n'est qu'une limite parmi d'autres : épuisement des ressources non renouvelables, dégradation des ressources renouvelables (sols, pêche), effondrement de la biodiversité ne sont pas mesurés par ce tableau. La soutenabilité forte exige de préserver le stock de capital naturel critique, ce que ce seul indicateur ne garantit pas.
Le découplage est donc une condition nécessaire, non suffisante, d'une croissance soutenable.
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