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Problème — Le progrès technique, une source endogène de croissance

Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 1 — Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?

Énoncé

Problème — Le progrès technique, une source endogène de croissance.

Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire. À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que le progrès technique est une source endogène de la croissance économique.

Document 1. Dépenses intérieures de recherche et développement (DIRD), en % du PIB, 2021.

PaysDIRD (en % du PIB)
Israël5,6
Corée du Sud4,9
États-Unis3,5
Japon3,3
Allemagne3,1
Chine2,4
France2,2
Union européenne (27)2,2

{ Source : OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, 2023.}

Document 2. Le brevet confère à son titulaire un monopole temporaire, en général de vingt ans, sur l'exploitation d'une invention. Sans cette protection, tout concurrent pourrait copier l'innovation sans en avoir supporté le coût de recherche, et personne n'aurait intérêt à investir dans la recherche-développement. Mais le brevet a un revers : en réservant la connaissance à son inventeur, il en freine la diffusion. C'est pourquoi les États complètent cette incitation privée par un financement public de la recherche fondamentale et par des aides fiscales : en France, le crédit d'impôt recherche représente chaque année plusieurs milliards d'euros.

{ Source : d'après le cours et France Stratégie (CNEPI), Évaluation du crédit d'impôt recherche, 2021.}

Corrigé

Introduction. La croissance économique ne s'explique qu'en partie par l'accumulation de travail et de capital : l'essentiel provient de la productivité globale des facteurs, c'est-à-dire du progrès technique. Les théories de la croissance endogène (Romer, Lucas, années 1980) montrent que ce progrès technique n'est pas une « manne tombée du ciel » : il est le produit de décisions d'investissement et s'auto-entretient. Nous montrerons que le progrès technique résulte d'investissements en capital humain, technologique et public (I), puis que des institutions adaptées sont nécessaires pour susciter ces investissements (II).

I. Le progrès technique résulte d'investissements qui s'auto-entretiennent.

Affirmation : le progrès technique naît d'un effort de recherche volontaire. Explication : les entreprises et les États investissent dans le capital technologique (recherche-développement, brevets), le capital humain (éducation, santé) et le capital public (infrastructures, recherche fondamentale). Ces investissements produisent des externalités positives : une connaissance nouvelle profite aussi à ceux qui ne l'ont pas financée, si bien que les rendements ne décroissent pas et que la croissance s'entretient elle-même : la croissance dégage les ressources qui financent la recherche, laquelle nourrit la croissance. Illustration : document 1 : en 2021, selon l'OCDE, Israël consacrait 5,6 % de son PIB à la R&D et la Corée du Sud 4,9 %, contre 2,2 % pour la France et l'Union européenne, soit un écart de 3,4 points entre Israël et la France ; ces écarts d'effort de recherche sont un choix, pas un hasard, et les pays qui investissent le plus figurent parmi les économies les plus innovantes.

II. Les institutions créent les incitations à investir dans le progrès technique.

Affirmation : sans droits de propriété, l'innovation ne serait pas rentable. Explication : la connaissance est facile à copier ; le brevet (document 2) garantit à l'innovateur un monopole temporaire de vingt ans qui lui permet de récupérer les fruits de son investissement. Mais il freine la diffusion des connaissances, d'où un dilemme : trop faible, le brevet n'incite pas ; trop fort, il bloque. Illustration : document 2 : c'est pourquoi l'État finance la recherche fondamentale et subventionne la R&D privée par le crédit d'impôt recherche (plusieurs milliards d'euros par an en France) ; plus largement, les écarts de développement s'expliquent par la qualité des institutions (North, Acemoglu) : là où le risque d'expropriation est élevé, l'investissement s'effondre.

Conclusion. Le progrès technique est endogène parce qu'il découle d'investissements en capital humain, technologique et public, dont les externalités positives entretiennent la croissance, et parce que des institutions (droits de propriété, financement public) rendent ces investissements rentables. Ce caractère endogène justifie l'intervention publique : l'école, la recherche et le brevet sont des politiques de croissance.

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