Le déclin de la syndicalisation
Application directe du cours · niveau 1 (application) · SES (terminale), chapitre 10 — Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques ?
Énoncé
Le déclin de la syndicalisation.
| Année | 1949 | 1975 | 1995 | 2019 |
|---|---|---|---|---|
| Taux de syndicalisation (en % des salariés) | 30 | 22 | 9 | 10 |
{ Source : DARES, séries longues sur la syndicalisation, ordres de grandeur arrondis (2019 : 10,3 %).}
Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 10 ».
Question 2. Calculez l'évolution du taux de syndicalisation entre 1949 et 2019, en points de % puis par un coefficient (par combien a-t-il été divisé ?).
Question 3. Expliquez ce déclin à l'aide du paradoxe de l'action collective et des transformations du travail.
Corrigé
Question 1. En 2019, en France, selon la DARES, environ 10 % des salariés adhéraient à un syndicat, soit un salarié sur dix.
Question 2. Évolution en points : points de pourcentage. Coefficient : : le taux de syndicalisation a été divisé par trois entre 1949 et 2019. L'essentiel de la chute se produit entre 1975 et 1995 ( points en vingt ans) ; depuis, le taux stagne autour de 10 %.
Question 3. Le déclin illustre d'abord le paradoxe de l'action collective (Mancur Olson) : les avantages obtenus par un syndicat, hausse de salaire, convention collective, sont des biens collectifs dont profitent tous les salariés, syndiqués ou non ; en France, les conventions collectives sont étendues à l'ensemble des salariés d'une branche. Un salarié rationnel a donc intérêt à rester passager clandestin : il profite des acquis sans payer la cotisation ni prendre les risques. Le paradoxe n'est surmonté que par des incitations sélectives, avantages réservés aux adhérents (assistance juridique, assurance, caisses gérées par les syndicats dans les pays nordiques), ou par des rétributions symboliques ; or ces incitations sont faibles en France. Le déclin tient ensuite aux transformations du travail : la désindustrialisation a fait reculer les grandes usines où le syndicat était implanté ; la précarité (CDD, intérim), le chômage et l'éclatement des collectifs (sous-traitance, petites unités, télétravail, plateformes) rendent l'adhésion plus coûteuse et moins protectrice ; l'individualisation de la relation salariale (objectifs, primes) affaiblit le sentiment d'un intérêt commun. Les conflits du travail n'ont pas disparu pour autant, comme l'ont montré les mobilisations sur les retraites de 2010 et 2023, mais ils reposent sur des organisations aux effectifs réduits.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.