Adloun

Une abstention à géométrie variable

Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 10 — Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques ?

Énoncé

Une abstention à géométrie variable.

ÉlectionAnnéeAbstention au premier tour (en % des inscrits)
Présidentielle201722,2
Présidentielle202226,3
Législatives201751,3
Législatives202252,5
Législatives202433,3
Européennes201949,9
Européennes202448,5

{ Source : ministère de l'Intérieur, résultats officiels (les élections européennes n'ont qu'un tour).}

Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 52,5 ».

Question 2. Calculez l'écart, en points de %, entre l'abstention aux législatives et à la présidentielle de 2022, puis l'évolution de l'abstention aux législatives entre 2022 et 2024.

Question 3. Comment expliquer que l'abstention varie autant d'une élection à l'autre, et parfois d'une année à l'autre pour une même élection ? Vous mobiliserez les notions d'abstention intermittente et de compétence politique.

Corrigé

Question 1. Au premier tour des élections législatives de 2022, en France, selon le ministère de l'Intérieur, 52,5 % des électeurs inscrits se sont abstenus : plus d'un inscrit sur deux n'a pas voté.

Question 2. Écart entre les deux scrutins de 2022 : points de pourcentage : deux mois après une présidentielle où trois inscrits sur quatre avaient voté, un sur deux seulement s'est déplacé pour les législatives. Évolution aux législatives : points entre 2022 et 2024 : l'abstention a reculé de près de vingt points en deux ans, revenant à peu près à son niveau de la fin des années 1990 (32,0 % en 1997).

Question 3. L'abstention n'est pas un trait fixe des électeurs mais dépend de l'enjeu perçu de chaque scrutin. La présidentielle, « élection reine » de la V<sup>e</sup> République, personnalisée et très médiatisée, mobilise le plus ; les législatives, perçues comme une confirmation de la présidentielle depuis l'inversion du calendrier électoral (2002), et les européennes, dont les enjeux paraissent lointains, mobilisent beaucoup moins. Une large part des électeurs pratiquent ainsi une abstention intermittente (Anne Muxel) : ils votent quand l'enjeu leur semble important et s'abstiennent sinon, à la différence des abstentionnistes « hors du jeu », durablement éloignés de la politique. Le sursaut de 2024 le confirme : la dissolution surprise de l'Assemblée nationale a transformé les législatives en scrutin décisif, avec une forte polarisation, et près de vingt points d'abstention ont disparu. Cette abstention variable reste socialement différenciée : elle est d'abord le fait des moins diplômés et des jeunes, qui se sentent moins de compétence politique, c'est-à-dire moins autorisés à avoir une opinion et à la traduire par un vote, et pour qui le coût d'information d'un scrutin peu médiatisé est le plus élevé ; plus l'enjeu perçu est faible, plus l'abstention populaire s'écarte de celle des diplômés.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.