Égalité des droits, des chances, des situations
Application directe du cours · niveau 1 (application) · SES (terminale), chapitre 11 — Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions de la justice sociale ?
Énoncé
Égalité des droits, des chances, des situations.
Mobilisation de connaissances. Distinguez l'égalité des droits, l'égalité des chances et l'égalité des situations à l'aide d'un exemple pour chacune.
Vous montrerez aussi, à l'aide d'un exemple, que ces trois formes d'égalité peuvent entrer en tension. La réponse tient en un paragraphe AEI (affirmation, explication, illustration) d'une quinzaine de lignes.
Corrigé
Affirmation. L'égalité peut être conçue à trois niveaux qui ne se confondent pas : l'égalité des droits, l'égalité des chances et l'égalité des situations.
Explication. L'égalité des droits est une égalité formelle : tous les individus ont les mêmes droits et sont traités de la même façon par la loi, quelles que soient leur naissance, leur origine ou leur fortune. L'égalité des chances va plus loin : elle exige que les positions sociales ne dépendent que du mérite (effort, talent) et non du milieu d'origine ; c'est l'idéal méritocratique, qui admet des inégalités de situation pourvu que chacun ait eu au départ les mêmes possibilités. L'égalité des situations, enfin, vise la réduction des écarts réels de conditions de vie (revenu, logement, santé), quel que soit le mérite : c'est l'objectif de l'égalitarisme strict, et, sous une forme atténuée, de la redistribution.
Illustration. L'égalité des droits est réalisée par le suffrage universel ou par l'interdiction des discriminations à l'embauche. L'égalité des chances est visée par l'école gratuite et obligatoire, par les bourses sur critères sociaux ou par l'éducation prioritaire, qui donnent plus à ceux qui ont moins pour que la compétition scolaire soit équitable. L'égalité des situations est visée par les minima sociaux ou l'impôt progressif, qui réduisent l'écart de niveau de vie entre riches et pauvres. Ces objectifs peuvent entrer en tension : les quotas de parité imposés aux listes électorales (loi de 2000) ou aux conseils d'administration (loi de 2011) rompent l'égalité formelle des droits, puisqu'ils traitent différemment femmes et hommes, au nom de l'égalité des chances ; c'est la logique de la discrimination positive. Amartya Sen rappelle d'ailleurs que la question n'est pas seulement « faut-il l'égalité ? » mais « égalité de quoi ? ».
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.