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Problème — La redistribution réduit les inégalités de niveau de vie

Application directe du cours · niveau 1 (application) · SES (terminale), chapitre 11 — Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions de la justice sociale ?

Énoncé

Problème — La redistribution réduit les inégalités de niveau de vie.

Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire. À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la redistribution contribue à réduire les inégalités de niveau de vie.

Document 1. Composition du revenu disponible des 10 % les plus modestes (D1) et des 10 % les plus aisés (D10), données simplifiées, en % du revenu disponible du décile.

Composante du revenu disponibleD1D10
Revenus d'activité3570
Retraites et allocations chômage1525
Revenus du patrimoine225
Prestations sociales551
Impôts directs
Revenu disponible100100

{ Source : données simplifiées, ordres de grandeur INSEE (enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021).}

Document 2. La redistribution prélève sur les uns pour verser aux autres. Elle est verticale lorsqu'elle va des plus aisés vers les plus modestes, horizontale lorsqu'elle va des actifs vers les malades, les retraités ou les familles. Ses effets sont considérables : en France, le rapport entre le niveau de vie des 10 % les plus aisés et celui des 10 % les plus modestes passe d'environ 6,4 avant redistribution à 3,4 après ; sans les prestations sociales et les impôts directs, le taux de pauvreté monétaire serait de 21,4 % au lieu de 14,5 % en 2021, soit 13,5 millions de personnes pauvres au lieu de 9,1 : la redistribution diminue d'un tiers le nombre de personnes pauvres. À cette redistribution monétaire s'ajoute une redistribution en nature : l'école, la santé ou les transports publics, financés par tous et utilisés par chacun, égalisent les conditions réelles de vie ; en les prenant en compte, le rapport entre les niveaux de vie extrêmes est presque divisé par deux une seconde fois.

{ Source : d'après le cours, INSEE (enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021) et DREES, 2024.}

Corrigé

Introduction. La redistribution est l'ensemble des prélèvements (impôts, cotisations) et des versements (prestations sociales, services collectifs) par lesquels les pouvoirs publics modifient la répartition des revenus issue du marché. Nous montrerons qu'elle réduit les inégalités de niveau de vie en prélevant davantage sur les plus aisés et en versant davantage aux plus modestes (I), puis que cet effet est amplifié par la redistribution en nature (II).

I. La redistribution monétaire prélève en haut et verse en bas. Affirmation : impôts progressifs et prestations sociales rapprochent les niveaux de vie extrêmes. Explication : l'impôt sur le revenu, dont le taux moyen croît avec le revenu, pèse surtout sur les plus aisés ; les prestations sociales (RSA, allocations logement et familiales, prime d'activité), dont le montant décroît avec le revenu, bénéficient surtout aux plus modestes : c'est la redistribution verticale. Illustration : document 1 : les prestations sociales représentent 55 % du revenu disponible des 10 % les plus modestes, contre 1 % pour les 10 % les plus aisés ; à l'inverse, les impôts directs retirent 21 % du revenu disponible des plus aisés contre 7 % pour les plus modestes. Document 2 : le rapport interdécile D9/D1 passe ainsi de 6,4 avant redistribution à 3,4 après : il est presque divisé par deux ; sans prestations ni impôts directs, le taux de pauvreté serait de 21,4 % au lieu de 14,5 %, soit près de 7 points de plus : la redistribution diminue d'un tiers le nombre de personnes pauvres.

II. La redistribution en nature égalise les conditions réelles. Affirmation : les services collectifs réduisent encore les écarts que la redistribution monétaire laisse subsister. Explication : l'école, les soins, les transports sont financés par l'impôt et les cotisations, donc davantage par les plus aisés, mais leur consommation ne dépend pas du revenu : un enfant de ménage modeste reçoit la même scolarité gratuite qu'un enfant de cadre. La redistribution est aussi horizontale : les retraites et les allocations chômage, qui pèsent 25 % du revenu disponible du dernier décile et 15 % du premier (document 1), comme l'assurance maladie, couvrent des risques indépendamment du revenu. Illustration : document 2 : en tenant compte des services publics, le rapport entre les niveaux de vie extrêmes est presque divisé par deux une seconde fois.

Conclusion. La redistribution réduit les inégalités de niveau de vie en prélevant proportionnellement plus sur les plus aisés et en versant proportionnellement plus aux plus modestes, puis en offrant à tous les mêmes services collectifs : le rapport interdécile est presque divisé par deux, et le taux de pauvreté abaissé de près de 7 points. Elle ne supprime pas les inégalités, en particulier celles de patrimoine, qu'elle atteint peu.

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