Adloun

Le climat, un bien commun mondial difficile à protéger

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · SES (terminale), chapitre 12 — Quelle action publique pour l'environnement ?

Énoncé

Le climat, un bien commun mondial difficile à protéger.

Mobilisation de connaissances. Montrez que la nature de bien commun mondial du climat rend difficile la coopération internationale pour le protéger.

On attend une réponse structurée en trois paragraphes AEI (affirmation, explication, illustration) : le passager clandestin appliqué aux États, les inégalités entre pays et l'horizon temporel de l'action, enfin l'absence d'autorité de sanction, en montrant comment le protocole de Kyoto (1997) puis l'accord de Paris (2015) ont tenté de répondre à ces obstacles.

Corrigé

Un bien commun mondial expose chaque État à la tentation du passager clandestin. Affirmation : le climat stable est un bien commun : nul ne peut être exclu de ses bienfaits (non-exclusion), mais les émissions de chacun dégradent ce que tous partagent (rivalité). Explication : chaque tonne de CO évitée par un pays profite à la planète entière alors que son coût (fermeture de centrales, taxe carbone, investissements) est supporté par lui seul ; un État rationnel a donc intérêt à laisser les autres fournir l'effort tout en profitant du résultat. C'est le passager clandestin décrit par Mancur Olson (Logique de l'action collective, 1965), transposé des individus aux nations : si tous raisonnent ainsi, personne n'agit. Illustration : les États-Unis n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, le Canada s'en est retiré en 2011, et les engagements pris à Paris restent inférieurs à ce que chacun reconnaît nécessaire.

Les inégalités entre pays et l'horizon temporel compliquent encore le partage de l'effort. Affirmation : les pays ne sont ni également responsables, ni également capables, ni également exposés. Explication : les pays développés ont émis l'essentiel du stock de CO accumulé depuis 1850, alors que les pays émergents émettent aujourd'hui le plus et que les pays pauvres, qui ont le moins émis, sont les plus vulnérables ; d'où le principe des « responsabilités communes mais différenciées » (Rio, 1992), dont chacun tire une lecture opposée. S'y ajoute l'horizon temporel : les coûts sont immédiats et concentrés, les bénéfices lointains et diffus, ce qui rend l'action peu payante électoralement. Illustration : la promesse de 100 milliards de dollars par an d'aide climatique aux pays en développement, faite en 2009 pour 2020, n'a été tenue qu'en 2022 ; le fonds « pertes et dommages » n'a été créé qu'à la COP27 (2022).

Sans autorité mondiale de sanction, la coopération repose sur des engagements volontaires. Affirmation : aucune institution ne peut contraindre un État souverain à réduire ses émissions. Explication : deux logiques ont été essayées. Le protocole de Kyoto (1997) fixait des objectifs contraignants, mais aux seuls pays développés : restreint, il a perdu ses principaux acteurs. L'accord de Paris (COP21, 2015, 195 parties) inverse la logique : objectif commun (réchauffement « nettement en dessous de 2 °C », si possible 1,5 °C), mais contributions déterminées au niveau national, volontaires, révisées à la hausse tous les cinq ans, sous le seul contrôle de la transparence mutuelle et de la pression des pairs, des ONG et de l'opinion. Illustration : universel, l'accord n'a aucune sanction ; les engagements actuels conduisent à un réchauffement d'environ 2,5 à 3 °C, et les États-Unis ont pu annoncer leur retrait en 2017 sans autre conséquence que diplomatique.

Conclusion. Bien commun sans propriétaire, le climat cumule les trois obstacles à l'action collective : incitation à la défection, désaccord sur le partage de l'effort, absence de contrainte. La coopération progresse, de Kyoto à Paris, sans garantir l'objectif.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.