Adloun

Deux politiques contre le chômage structurel

Application directe du cours · niveau 1 (application) · SES (terminale), chapitre 3 — Comment lutter contre le chômage ?

Énoncé

Deux politiques contre le chômage structurel.

Mobilisation de connaissances. Présentez deux politiques de lutte contre le chômage structurel et une limite de chacune.

Vous préciserez sur quelle cause du chômage structurel chaque politique agit et vous citerez un exemple précis de mesure prise en France. Chaque politique fait l'objet d'un paragraphe AEI (affirmation, explication, illustration).

Corrigé

Première politique : l'allègement du coût du travail peu qualifié. Affirmation : réduire le coût du travail rapproche celui-ci de la productivité des moins qualifiés. Explication : lorsque les cotisations sociales portent le coût d'un salarié au SMIC au-dessus de ce qu'il rapporte à l'entreprise, celle-ci renonce à l'embaucher ; exonérer les bas salaires de cotisations rend l'embauche rentable sans baisser le salaire net. Cette politique agit sur le coût du travail, cause structurelle liée aux institutions (salaire minimum). Illustration : la France exonère de cotisations sociales les bas salaires depuis 1993, sur une échelle allant du SMIC à 1,6 SMIC environ. Limite : en concentrant les allègements au niveau du SMIC, on décourage les employeurs d'augmenter les salaires au-delà (le coût remonte), d'où un risque de « trappes à bas salaires », et le coût budgétaire est élevé.

Seconde politique : la formation et l'apprentissage. Affirmation : former les actifs résorbe l'inadéquation des qualifications. Explication : une part du chômage coexiste avec des emplois vacants (300 000 à 400 000 en France) parce que les compétences disponibles ne sont pas celles que demandent les entreprises ; la formation initiale, la formation continue et l'apprentissage améliorent l'appariement. Cette politique agit sur les problèmes d'appariement. Illustration : l'apprentissage a été ouvert jusqu'à 29 ans et subventionné, et le nombre de contrats est passé d'environ 300 000 en 2017 à plus de 800 000 en 2022. Limite : la formation ne crée pas d'emplois par elle-même (elle est inopérante contre le chômage conjoncturel), ses effets sont lents, et les aides à l'apprentissage coûtent cher pour des embauches qui auraient parfois eu lieu sans elles (effet d'aubaine).

Dans les deux cas, la politique n'est efficace que si le diagnostic est juste : contre un chômage dû à l'insuffisance de la demande globale, ni l'une ni l'autre ne suffit.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.