Le chômage en Europe : un choc commun, des trajectoires différentes
Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 3 — Comment lutter contre le chômage ?
Énoncé
Le chômage en Europe : un choc commun, des trajectoires différentes.
| Taux de chômage BIT (en %) | 2008 | 2013 | 2019 | 2023 |
|---|---|---|---|---|
| France | 7,4 | 10,3 | 8,4 | 7,3 |
| Allemagne | 7,4 | 5,2 | 3,0 | 3,0 |
| Espagne | 11,3 | 26,1 | 14,1 | 12,2 |
| Zone euro | 7,6 | 12,0 | 7,6 | 6,5 |
{ Source : Eurostat, enquêtes sur les forces de travail, personnes de 15 à 74 ans, moyennes annuelles arrondies.}
Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 26,1 ».
Question 2. Calculez l'écart, en points de pourcentage, entre le taux de chômage de la France et celui de l'Allemagne en 2008 puis en 2023. Calculez ensuite le taux de variation du taux de chômage français entre 2008 et 2013.
Question 3. En quoi l'évolution de 2008 à 2013 dans la zone euro illustre-t-elle le chômage conjoncturel ? Pourquoi l'Allemagne fait-elle exception ?
Question 4. Que révèle la comparaison des années 2019 et 2023 sur la nature du chômage qui subsiste en France ?
Corrigé
Question 1. En 2013, selon Eurostat, 26,1 % de la population active espagnole était au chômage au sens du BIT, soit plus d'un actif sur quatre.
Question 2. En 2008, la France et l'Allemagne ont le même taux de chômage (7,4 %) : l'écart est nul. En 2023, l'écart est de points de pourcentage en défaveur de la France. Taux de variation du taux de chômage français entre 2008 et 2013 : : le taux de chômage a augmenté de 2,9 points, soit d'environ 39 % en cinq ans.
Question 3. Entre 2008 et 2013, le taux de chômage de la zone euro passe de 7,6 % à 12,0 % (+4,4 points), celui de la France de 7,4 % à 10,3 % et celui de l'Espagne de 11,3 % à 26,1 %. Cette hausse simultanée dans presque tous les pays, indépendante de leurs institutions, suit la crise financière de 2008 et la récession de 2009 : la demande globale (consommation, investissement, exportations) s'est effondrée, les entreprises ont réduit production et emploi quel que soit le niveau des salaires. C'est du chômage conjoncturel, ou keynésien. L'Allemagne fait exception (de 7,4 % à 5,2 %) pour des raisons structurelles et de politique économique : les réformes Hartz (2003--2005) avaient flexibilisé son marché du travail, la modération salariale négociée et la spécialisation industrielle haut de gamme ont soutenu ses exportations, et le recours massif au chômage partiel (Kurzarbeit) a permis de conserver les salariés pendant la récession au lieu de les licencier. L'Espagne, à l'inverse, cumule l'éclatement d'une bulle immobilière et un marché du travail dual où les contrats temporaires sont rompus en masse.
Question 4. Entre 2019 et 2023, le chômage baisse dans la zone euro (de 7,6 % à 6,5 %), en France (de 8,4 % à 7,3 %) et en Espagne, et reste à son plancher en Allemagne (3,0 %) : la conjoncture favorable a résorbé une partie du chômage conjoncturel. Mais la France reste à 7,3 % quand l'Allemagne est à 3,0 % : cet écart persistant de plus de 4 points, en haut comme en bas du cycle, ne s'explique pas par la conjoncture. Il révèle une composante structurelle du chômage français : problèmes d'appariement (emplois vacants et chômeurs coexistent), coût du travail peu qualifié, institutions du marché du travail. Le cours le note : le taux français des années 2020 (7 à 7,5 %) reste très supérieur au taux allemand (environ 3 %). La comparaison montre aussi que la baisse allemande a un revers, le développement d'emplois à bas salaires et de la pauvreté laborieuse.
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