Lire la courbe de Beveridge en mots
Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 3 — Comment lutter contre le chômage ?
Énoncé
Lire la courbe de Beveridge en mots.
La courbe de Beveridge relie, pour un pays, le taux de chômage et le taux d'emplois vacants (emplois non pourvus rapportés à l'ensemble des emplois, occupés ou vacants). Le tableau reprend les trois points de la courbe présentée dans le cours.
| France | Taux de chômage (en %) | Taux d'emplois vacants (en %) |
|---|---|---|
| 2001 | 7,8 | 0,9 |
| 2015 | 10,4 | 0,45 |
| 2023 | 7,3 | 1,7 |
{ Source : d'après le cours, valeurs illustratives, ordres de grandeur INSEE et DARES.}
Question 1. Faites une phrase avec les deux données de la ligne 2015.
Question 2. En 2023, la population active compte environ 30 millions de personnes et le nombre d'emplois vacants est d'environ 350 000 (cours). Calculez le nombre de chômeurs au sens du BIT, puis le nombre de chômeurs par emploi vacant.
Question 3. Entre 2001 et 2015, le point se déplace le long de la courbe. Décrivez ce mouvement en une phrase et dites de quel type de chômage il relève.
Question 4. Entre 2015 et 2023, le taux de chômage revient à peu près à son niveau de 2001, mais le taux d'emplois vacants a presque doublé par rapport à 2001. Que signifie ce déplacement de la courbe ? Quelles politiques en découlent ?
Corrigé
Question 1. En 2015, en France, selon les ordres de grandeur retenus par le cours, 10,4 % de la population active était au chômage au sens du BIT, tandis que seulement 0,45 % des emplois étaient vacants, c'est-à-dire non pourvus.
Question 2. Chômeurs millions , soit environ 2,2 millions de chômeurs. Rapporté aux 350 000 emplois vacants : : il y a environ six chômeurs pour un emploi vacant. Même si tous les emplois vacants étaient pourvus, il resterait plus de 1,8 million de chômeurs : le manque d'emplois ne se réduit pas à un défaut d'appariement.
Question 3. Entre 2001 et 2015, le taux de chômage passe de 7,8 % à 10,4 % (+2,6 points) pendant que le taux d'emplois vacants recule de 0,9 % à 0,45 % (divisé par deux) : les deux grandeurs varient en sens inverse, le point glisse vers le bas et la droite de la courbe. C'est le signe d'un chômage conjoncturel : la demande globale a fléchi (crise de 2008--2009, récession de 2009 qui détruit environ 400 000 emplois), les entreprises n'embauchent plus (moins de postes vacants) et licencient (plus de chômeurs). La relation d'appariement, elle, n'a pas changé : on reste sur la même courbe.
Question 4. En 2023, pour un taux de chômage voisin de celui de 2001 (7,3 % contre 7,8 %), le taux d'emplois vacants est presque deux fois plus élevé (1,7 % contre 0,9 %). Ce n'est plus un mouvement le long de la courbe mais un déplacement de la courbe vers l'extérieur : pour un même niveau de chômage, davantage d'emplois restent non pourvus. Il signale une dégradation de l'appariement entre offres et demandes de travail, c'est-à-dire une composante structurelle du chômage : inadéquation des qualifications (pénuries dans le bâtiment, la santé, le numérique) et inadéquation géographique (les emplois ne sont pas là où sont les chômeurs). Les politiques de soutien de la demande sont inopérantes contre ce chômage ; il appelle des politiques structurelles : formation initiale et continue, apprentissage (plus de 800 000 contrats en 2022 contre 300 000 en 2017), aide à la mobilité résidentielle, accompagnement des demandeurs d'emploi par France Travail pour améliorer la rencontre entre postes et candidats.
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