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La transmission d'une crise financière à l'économie réelle

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · SES (terminale), chapitre 4 — Comment expliquer les crises financières et réguler le système financier ?

Énoncé

La transmission d'une crise financière à l'économie réelle.

Mobilisation de connaissances. Montrez, à l'aide d'exemples datés, comment une crise financière se transmet à l'économie réelle.

On attend une réponse structurée en trois paragraphes AEI (affirmation, explication, illustration), un par canal de transmission (effondrement du crédit, effets de richesse négatifs, effondrement de la confiance), suivis d'un paragraphe sur la déflation par la dette. Les exemples de 1929 et de 2008 sont attendus, avec des dates.

Corrigé

Premier canal : l'effondrement du crédit (credit crunch). Affirmation : une crise financière prive l'économie de crédit. Explication : les banques, fragilisées par leurs pertes et méfiantes les unes envers les autres, cessent de se prêter et rationnent le crédit aux entreprises et aux ménages ; investissement et consommation à crédit s'effondrent, la production et l'emploi suivent. Illustration : après la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, le marché interbancaire s'est paralysé ; les banques centrales ont dû prêter massivement aux banques, et la Fed a ramené son taux directeur à 0--0,25 % le 16 décembre 2008 ; le commerce mondial a chuté de 12 % en 2009 et le PIB français de 2,9 %. En 1929--1933, des milliers de banques américaines ont fait faillite et le crédit s'est asséché.

Deuxième canal : les effets de richesse négatifs. Affirmation : la chute des prix des actifs appauvrit les ménages. Explication : quand actions et logements perdent de la valeur, les ménages qui les détiennent se sentent plus pauvres, épargnent davantage pour reconstituer leur patrimoine et consomment moins ; la demande globale recule. Illustration : entre le sommet de 2006 et 2009, les prix immobiliers américains ont chuté d'environ un tiers et le Dow Jones a perdu 54 % entre le 9 octobre 2007 et le 9 mars 2009 ; le patrimoine net des ménages américains a reculé d'environ un cinquième, et leur taux d'épargne a bondi.

Troisième canal : l'effondrement de la confiance. Affirmation : l'incertitude paralyse les décisions. Explication : ne sachant pas jusqu'où ira la crise, entreprises et ménages reportent investissements, embauches et achats durables : l'attentisme général devient une prophétie autoréalisatrice, chacun attendant que les autres repartent. Illustration : à l'automne 2008, les commandes industrielles se sont effondrées en quelques semaines dans le monde entier, y compris dans des pays dont les banques étaient peu exposées aux subprimes ; la production industrielle américaine a chuté de moitié entre 1929 et 1932.

La déflation par la dette aggrave le tout. Affirmation : la crise s'auto-entretient par la dette. Explication : pour se désendetter, les agents vendent leurs actifs, ce qui fait baisser les prix ; si la baisse des prix se généralise (déflation), le poids réel des dettes restantes augmente, les défauts se multiplient, les banques perdent encore et prêtent encore moins. Illustration : Irving Fisher a décrit ce mécanisme en 1933, au moment où les prix américains avaient baissé d'environ un quart depuis 1929 et où le chômage atteignait 25 % : la spirale n'a été enrayée qu'en 1933, par la fermeture temporaire des banques décidée par Roosevelt (mars), l'abandon de l'étalon-or (avril) et la garantie fédérale des dépôts (juin).

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