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La BCE face au retour de l'inflation (2019--2024)

Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 5 — Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?

Énoncé

La BCE face au retour de l'inflation (2019--2024).

Zone euroInflation (IPCH)Taux de dépôt de la BCE
(moyenne annuelle, en %)(en fin d'année, en %)
20191,2
20200,3
20212,6
20228,42,00
20235,44,00
20242,43,00

{ Sources : Eurostat, indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) ; BCE, taux de la facilité de dépôt, 2025. L'inflation mensuelle a culminé à 10,6 % en octobre 2022.}

Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 8,4 ».

Question 2. Calculez l'écart, en points de pourcentage, entre l'inflation de 2022 et l'objectif de la BCE, puis la variation, en points, du taux de dépôt entre la fin 2021 et la fin 2023.

Question 3. À l'aide de vos connaissances, expliquez par quel mécanisme la hausse du taux directeur fait refluer l'inflation, puis montrez pourquoi cette décision a un coût pour l'activité et l'emploi.

Corrigé

Question 1. En 2022, selon Eurostat, les prix à la consommation ont augmenté en moyenne de 8,4 % dans la zone euro par rapport à 2021 : c'est plus de quatre fois l'objectif d'inflation de la BCE.

Question 2. Écart à l'objectif : points de pourcentage : l'inflation de 2022 a dépassé la cible de 2 % de 6,4 points. Variation du taux de dépôt : points : en deux ans, la BCE a relevé son taux de dépôt de 4,5 points, le faisant passer d'un niveau négatif inédit à 4 %, le plus élevé depuis la création de l'euro. Ce resserrement, commencé en juillet 2022, est le plus rapide de son histoire.

Question 3. Le taux directeur est le coût auquel les banques se refinancent auprès de la BCE (ou, pour le taux de dépôt, la rémunération de leurs réserves). Quand il monte, les banques répercutent la hausse sur les taux des crédits aux ménages et aux entreprises : emprunter pour acheter un logement, une voiture ou une machine devient plus cher. La demande de crédit, donc la consommation et l'investissement, ralentit ; face à une demande globale moins dynamique, les entreprises ont plus de mal à relever leurs prix et les salariés à obtenir des hausses de salaires : l'inflation reflue. La hausse des taux soutient aussi l'euro, ce qui rend les importations (énergie notamment) moins chères. Le tableau le confirme : l'inflation est passée de 8,4 % en 2022 à 2,4 % en 2024, proche de la cible, ce qui a permis à la BCE de commencer à baisser ses taux en juin 2024.

Mais le remède agit précisément en ralentissant l'économie : moins de crédit, c'est moins d'investissement, moins de construction, moins d'embauches. La croissance de la zone euro est tombée à 0,4 % en 2023, l'Allemagne entrant en récession. La même décision qui protège la monnaie pèse donc sur la croissance et l'emploi : c'est le dilemme du policy mix, d'autant plus aigu dans la zone euro que la politique monétaire est unique alors que l'inflation de 2022 allait de 5,9 % en France à plus de 19 % en Estonie.

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