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Des inégalités qui font système : niveau de vie et espérance de vie selon la PCS

Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 6 — Comment est structurée la société française actuelle ?

Énoncé

Des inégalités qui font système : niveau de vie et espérance de vie selon la PCS.

CatégorieNiveau de vieEspérance de vieEspérance de vie
socioprofessionnellemédian (eurosà 35 ans, hommesà 35 ans, femmes
par an, 2022)(années)(années)
Cadres37 00049,053,0
Professions intermédiaires27 00046,752,0
Employés21 50044,950,8
Ouvriers21 00042,649,8

{ Sources : INSEE, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2022 (niveau de vie des personnes selon la catégorie de la personne de référence du ménage, données arrondies) ; INSEE, échantillon démographique permanent, espérance de vie 2009--2013.}

Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 42,6 ».

Question 2. Calculez l'écart relatif, en %, entre le niveau de vie médian des cadres et celui des ouvriers, puis l'écart d'espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers, chez les hommes et chez les femmes.

Question 3. À l'aide du tableau et de vos connaissances, montrez que les inégalités « font système », puis que le genre croise la classe sociale.

Corrigé

Question 1. Selon l'INSEE, sur la période 2009--2013, un homme ouvrier âgé de 35 ans pouvait espérer vivre encore 42,6 années en moyenne, c'est-à-dire atteindre environ 77 ans et demi, dans les conditions de mortalité de l'époque.

Question 2. Écart relatif de niveau de vie : : le niveau de vie médian des cadres dépasse d'environ 76 % celui des ouvriers, ce qui correspond à l'ordre de grandeur du cours (environ 75 %). Écart d'espérance de vie : chez les hommes, années ; chez les femmes, années : un homme cadre de 35 ans vit en moyenne 6,4 ans de plus qu'un ouvrier, une femme cadre 3,2 ans de plus qu'une ouvrière.

Question 3. Les inégalités font système parce qu'elles sont multiformes et cumulatives : elles s'entretiennent mutuellement. Le tableau montre que la hiérarchie des niveaux de vie (cadres, professions intermédiaires, employés, ouvriers) est exactement celle des espérances de vie, chez les hommes comme chez les femmes : la position dans la structure sociale ne détermine pas seulement le revenu, mais la santé. Le mécanisme est connu : les ouvriers occupent des emplois plus pénibles (postures, produits toxiques, horaires décalés), sont plus exposés au chômage et à la précarité, ont moins accès aux soins de prévention et adoptent plus souvent des comportements à risque liés à leur condition. Le cours ajoute d'autres maillons de la chaîne : 8 enfants de cadres sur 10 obtiennent un baccalauréat général contre moins de 4 enfants d'ouvriers sur 10, et les 10 % les mieux dotés détiennent près de la moitié du patrimoine. Revenu, santé, école, patrimoine : chaque avantage en nourrit un autre, et se transmet.

Mais le tableau montre aussi que le genre croise la classe. L'écart entre cadres et ouvriers est deux fois plus grand chez les hommes (6,4 ans) que chez les femmes (3,2 ans) ; et l'écart entre les sexes est lui-même plus grand chez les ouvriers (7,2 ans) que chez les cadres (4,0 ans). Une ouvrière de 35 ans (49,8 ans d'espérance de vie) vit même en moyenne plus longtemps qu'un homme cadre (49,0) : la catégorie socioprofessionnelle ne résume pas à elle seule la position sociale. Les rapports sociaux de genre (emplois, expositions professionnelles, comportements de santé différenciés) forment un facteur de structuration distinct, qui se combine avec la classe : les inégalités entre femmes selon le milieu social restent considérables, et les inégalités entre sexes varient selon le milieu.

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