Adloun

Problème — Une structure sociale profondément transformée depuis 1950

Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 6 — Comment est structurée la société française actuelle ?

Énoncé

Problème — Une structure sociale profondément transformée depuis 1950.

Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire. À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la structure sociale française s'est profondément transformée depuis le milieu du XX<sup>e</sup> siècle.

Document 1. Taux d'activité des personnes de 25 à 49 ans selon le sexe (en %).

Taux d'activité des 25--49 ans (en %)197519902022
Femmes607483
Hommes979692

{ Source : INSEE, enquêtes Emploi, données arrondies. En 2022, 27 % des femmes en emploi travaillent à temps partiel, contre 8 % des hommes.}

Document 2. En 1950, la France comptait encore près d'un actif sur trois dans l'agriculture ou l'artisanat et le commerce indépendants ; l'ouvrier d'usine était la figure centrale du salariat, et une petite minorité seulement d'une génération accédait au baccalauréat. Trois quarts de siècle plus tard, près de 88 % des actifs occupés sont salariés ; plus de trois emplois sur quatre relèvent des services ; les ouvriers, qui représentaient 37 % des actifs en 1975, n'en forment plus que 19 % ; et près de la moitié d'une génération obtient un diplôme de l'enseignement supérieur, tandis que cadres et professions intermédiaires occupent près d'un emploi sur deux. La société salariale, tertiaire et diplômée a remplacé la société industrielle.

{ Source : d'après le cours et INSEE, France, portrait social, 2023.}

Corrigé

Introduction. La structure sociale désigne la répartition de la population en groupes sociaux hiérarchisés et différenciés. Celle de la France des années 1950, paysanne et ouvrière, où les femmes restaient largement au foyer, n'est plus celle d'aujourd'hui. Nous montrerons que la salarisation et la tertiarisation ont fait disparaître la société industrielle (I), puis que l'élévation des qualifications et la féminisation de l'emploi ont transformé la composition des groupes sociaux sans effacer les inégalités (II).

I. Salarisation et tertiarisation : la fin de la société paysanne et industrielle. Affirmation : la France est devenue une société de salariés des services. Explication : la salarisation désigne la hausse de la part des salariés parmi les actifs, liée au déclin des agriculteurs et des indépendants absorbés par les grandes entreprises et les administrations ; la tertiarisation désigne le déplacement de l'emploi de l'agriculture et de l'industrie vers les services, sous l'effet des gains de productivité industriels, de la désindustrialisation et de la hausse de la demande de services. Illustration : document 2 : près d'un actif sur trois était indépendant en 1950, contre moins d'un sur huit aujourd'hui, et 88 % des actifs occupés sont salariés ; les ouvriers sont passés de 37 % des actifs en 1975 à 19 %, et plus de trois emplois sur quatre relèvent des services. Le groupe ouvrier a été divisé par deux et a cessé d'être le groupe de référence, remplacé par un salariat tertiaire d'employés, de professions intermédiaires et de cadres.

II. Élévation des qualifications et féminisation : de nouveaux groupes, de nouvelles inégalités. Affirmation : les groupes sociaux ont changé de composition, plus diplômés et plus féminins, sans que les hiérarchies disparaissent. Explication : la massification scolaire a multiplié les diplômés du supérieur, dont les entreprises ont eu besoin avec la complexification des tâches : cadres et professions intermédiaires ont grossi. Dans le même temps, les femmes sont massivement entrées sur le marché du travail, sous l'effet de leur scolarisation, de la tertiarisation (emplois de bureau, de soin, de commerce) et de l'évolution des normes. Mais cette féminisation s'accompagne d'une ségrégation professionnelle et du temps partiel, si bien que les rapports sociaux de genre continuent de structurer la société. Illustration : document 2 : près de la moitié d'une génération est diplômée du supérieur, cadres et professions intermédiaires occupent près d'un emploi sur deux. Document 1 : selon l'INSEE, le taux d'activité des femmes de 25 à 49 ans est passé de 60 % en 1975 à 83 % en 2022, soit une hausse de 23 points, tandis que celui des hommes reculait de 5 points (de 97 % à 92 %) : l'écart entre les sexes est tombé de 37 points à 9 points. Pourtant, 27 % des femmes en emploi sont à temps partiel contre 8 % des hommes, et les femmes restent concentrées dans les emplois du soin et du service : l'égalisation n'est pas au rendez-vous.

Conclusion. Salarisation, tertiarisation, élévation des qualifications et féminisation ont remplacé la société paysanne et industrielle de 1950 par une société salariale, tertiaire et diplômée, où les femmes sont actives presque autant que les hommes. Mais ces transformations n'ont pas aboli les hiérarchies : elles les ont déplacées, du monde de l'usine vers celui des services, et le genre, croisant la classe, demeure un facteur de structuration majeur.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.