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Des parcours scolaires socialement différenciés

Exercice de TD · niveau 2 · SES (terminale), chapitre 7 — Quelle est l'action de l'École sur les destins individuels et sur l'évolution de la société ?

Énoncé

Des parcours scolaires socialement différenciés.

Le tableau donne, pour les enfants de cadres et les enfants d'ouvriers, la proportion de ceux qui atteignent différents niveaux de diplôme.

Devenir scolaireEnfantsEnfants
(en % des enfants du groupe)de cadresd'ouvriers
Obtention d'un baccalauréat général7835
Obtention d'un baccalauréat technologique ou professionnel1545
Obtention d'un diplôme du supérieur long (bac+3 et plus)6520

{ Source : d'après le cours, valeurs illustratives, ordres de grandeur DEPP (panels d'élèves suivis de la sixième à la fin des études).}

Question 1. Faites une phrase avec la donnée « 35 ».

Question 2. Calculez, pour chaque groupe, la proportion d'enfants obtenant un baccalauréat, toutes séries confondues, puis l'écart en points de pourcentage entre les deux groupes pour le baccalauréat toutes séries et pour le baccalauréat général. Par combien faut-il multiplier la proportion d'enfants d'ouvriers diplômés du supérieur long pour obtenir celle des enfants de cadres ?

Question 3. À l'aide du tableau et de vos connaissances, expliquez pourquoi l'écart entre enfants de cadres et enfants d'ouvriers est bien plus faible au seuil du baccalauréat qu'au niveau des filières et du supérieur long.

Corrigé

Question 1. Selon les ordres de grandeur de la DEPP repris dans le cours, 35 % des enfants d'ouvriers obtiennent un baccalauréat général, soit à peine plus d'un sur trois, contre 78 % des enfants de cadres.

Question 2. Baccalauréat toutes séries : enfants de cadres, ; enfants d'ouvriers, . Écart pour le baccalauréat toutes séries : points de pourcentage. Écart pour le baccalauréat général : points. Diplôme du supérieur long : : la proportion de diplômés du supérieur long est environ 3,3 fois plus élevée chez les enfants de cadres que chez les enfants d'ouvriers. Ces sommes valent sur les données illustratives du cours ; les panels d'élèves de la DEPP donnent un ordre de grandeur plus faible pour les enfants d'ouvriers (environ deux sur trois des élèves entrés en sixième en 2007 ont obtenu un baccalauréat, contre plus de neuf enfants de cadres sur dix), soit un écart réel de 25 à 30 points au seuil du baccalauréat — ce qui ne change pas la conclusion : cet écart reste bien inférieur à l'écart par filière.

Question 3. Sur ces données, l'écart entre les deux groupes est de 13 points au seuil du baccalauréat, mais de 43 points pour le baccalauréat général, tandis que les enfants d'ouvriers sont trois fois plus nombreux, en proportion, dans les baccalauréats technologiques et professionnels (45 % contre 15 %), et la proportion de diplômés du supérieur long est multipliée par 3,3 d'un groupe à l'autre. L'inégalité s'est donc déplacée du seuil (avoir le baccalauréat) vers la filière (lequel, et pour aller où) : c'est ce que Pierre Merle appelle une démocratisation ségrégative. La massification a rendu le baccalauréat presque général, mais les nouveaux publics l'ont obtenu dans les voies technologique et professionnelle, créées ou développées pour eux (baccalauréat professionnel, 1985), tandis que la voie générale et ses prolongements (classes préparatoires, grandes écoles) restaient l'apanage des enfants de cadres.

Deux mécanismes expliquent ce tri par la filière. D'une part, le capital culturel (Bourdieu) : la voie générale, puis le supérieur long, récompensent une familiarité avec la culture écrite et les codes scolaires que les familles de cadres transmettent dès l'enfance ; les écarts de notes se creusent tout au long de la scolarité et se traduisent, en fin de troisième puis de seconde, par des orientations différentes. D'autre part, les choix d'orientation (Boudon) : à résultats comparables, une famille populaire juge les études longues coûteuses et risquées et préfère une filière courte jugée sûre, alors qu'une famille de cadres, pour qui l'absence d'études longues serait un déclassement, vise la filière générale et investit pour y réussir. Les inégalités se cumulent à chaque palier d'orientation : c'est pourquoi l'écart, modeste au seuil, grandit à mesure que l'on monte dans la hiérarchie des filières et des diplômes.

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