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Problème — L'évolution de la structure des emplois, un facteur de mobilité sociale

Application directe du cours · niveau 1 (application) · SES (terminale), chapitre 8 — Quels sont les caractéristiques contemporaines et les facteurs de la mobilité sociale ?

Énoncé

Problème — L'évolution de la structure des emplois, un facteur de mobilité sociale.

Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire. À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que l'évolution de la structure des emplois est un facteur de mobilité sociale.

Document 1. Répartition de la population active occupée selon le groupe socioprofessionnel, en France (en %, ordres de grandeur arrondis).

Groupe socioprofessionnel19822019
Agriculteurs exploitants82
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise87
Cadres et professions intellectuelles supérieures819
Professions intermédiaires1826
Employés2627
Ouvriers3219
Total100100

{ Source : INSEE, enquêtes Emploi, ordres de grandeur arrondis.}

Document 2. Les enquêtes Formation et qualification professionnelle de l'INSEE donnent des résultats robustes : environ deux tiers des hommes de 35 à 59 ans occupent une PCS différente de celle de leur père, et la mobilité ascendante l'emporte sur la mobilité descendante. Une partie de cette mobilité ne doit rien à l'ouverture de la société : quand les places d'agriculteurs et d'ouvriers fondent et que celles de cadres et de professions intermédiaires se multiplient, les fils ne peuvent pas occuper les positions disparues et doivent bien remplir les positions créées. Cette mobilité est dite structurelle.

{ Source : d'après le cours et INSEE, enquêtes FQP.}

Corrigé

Introduction. La mobilité sociale intergénérationnelle, changement de position sociale par rapport à celle de ses parents, ne s'explique pas seulement par les mérites individuels : elle dépend aussi du nombre de places disponibles à chaque niveau de la hiérarchie sociale. Nous montrerons que la transformation de la structure des emplois a imposé une mobilité structurelle (I), et que celle-ci a été pour l'essentiel une mobilité ascendante (II).

I. La transformation de la structure des emplois impose une mobilité structurelle. Affirmation : quand la répartition des emplois change entre deux générations, une partie des fils change nécessairement de groupe. Explication : les positions qui disparaissent ne peuvent pas être héritées, et les positions qui apparaissent doivent être pourvues, quelle que soit l'origine sociale des candidats ; la mobilité qui en résulte est dite structurelle, et se mesure par la somme des écarts positifs entre les deux répartitions. Illustration : document 1 : entre 1982 et 2019, la part des ouvriers dans l'emploi est passée de 32 à 19 % ( points) et celle des agriculteurs de 8 à 2 % ( points), tandis que celle des cadres passait de 8 à 19 % ( points) et celle des professions intermédiaires de 18 à 26 % ( points, et point pour les employés). La somme des écarts positifs, points, signifie qu'au moins 20 actifs sur 100 ont dû, du seul fait de cette transformation, occuper un groupe différent de celui de la génération précédente ; document 2 : les fils ne peuvent pas occuper les positions disparues.

II. Cette mobilité structurelle a été surtout ascendante. Affirmation : la transformation des emplois a « tiré » vers le haut les générations nées après la guerre. Explication : les places créées sont des places qualifiées (cadres, professions intermédiaires), les places détruites sont des places d'agriculteurs et d'ouvriers ; la tertiarisation et l'élévation du niveau de qualification ont donc ouvert aux enfants des classes populaires des positions que leurs parents n'occupaient pas, sans que la reproduction des cadres suffise à les remplir. Illustration : document 2 : environ deux tiers des hommes de 35 à 59 ans sont mobiles et la mobilité ascendante l'emporte sur la descendante ; dans les tables de destinée, environ un fils d'employé ou d'ouvrier sur trois est devenu cadre ou profession intermédiaire.

Conclusion. L'évolution de la structure des emplois est un facteur majeur de mobilité sociale : elle a imposé une mobilité structurelle ascendante pendant les Trente Glorieuses. Mais elle fixe le nombre de places, non leur attribution : le ralentissement de cette transformation depuis les années 1990 nourrit le déclassement, et l'inégalité des chances d'accès aux positions, la fluidité sociale, relève d'autres facteurs, l'école et la famille.

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