Problème — Une prédisposition héréditaire au cancer du sein
Application directe du cours · niveau 1 (application) · SVT (terminale), chapitre 14 — Variation génétique et santé
Énoncé
Problème — Une prédisposition héréditaire au cancer du sein.
Dans une famille, plusieurs femmes ont développé un cancer du sein jeunes. Un test génétique met en évidence une mutation du gène BRCA1, porté par un autosome. On rappelle que BRCA1 est un gène suppresseur de tumeur : la protéine qu'il code participe à la réparation de l'ADN.
Document 1 — risque de développer un cancer avant 70 ans.
| Cancer | Population générale | Porteuses d'une mutation BRCA1 |
|---|---|---|
| Sein | 10 % | 65 % |
| Ovaire | 1 % | 40 % |
Document 2 — résultats du test génétique dans la famille. La mère, opérée d'un cancer du sein à 42 ans, est porteuse de la mutation à l'état hétérozygote : elle possède un allèle BRCA1 muté et un allèle normal, dans toutes ses cellules, y compris celles qui donnent les gamètes. Ses trois enfants ont été testés : sa fille aînée est porteuse, son fils est porteur, sa fille cadette ne l'est pas.
- À partir du document 1, comparer le risque de cancer du sein d'une femme porteuse à celui d'une femme de la population générale. Faire de même pour le cancer de l'ovaire.
- D'après le document 2, la mutation de la mère est-elle germinale ou somatique ? Quelle probabilité chaque enfant a-t-il de la recevoir ?
- Une porteuse possède encore un allèle BRCA1 normal dans chacune de ses cellules. En utilisant le rôle de BRCA1, expliquer pourquoi il faut néanmoins moins d'événements supplémentaires que chez une non-porteuse pour qu'une de ses cellules devienne cancéreuse.
- Le risque des porteuses est de 65 % et non de 100 %. Que peut-on en conclure sur le lien entre la mutation et la maladie ?
- Quelle conduite médicale proposer pour la fille aînée ? Pour la fille cadette ?
Corrigé
- Pour le cancer du sein, le risque passe de 10 % à 65 % : il est multiplié par . Pour le cancer de l'ovaire, il passe de 1 % à 40 % : il est multiplié par 40. La mutation de BRCA1 augmente donc fortement le risque de ces deux cancers.
- La mutation est présente dans toutes les cellules de la mère, y compris celles à l'origine des gamètes : elle est germinale, donc transmissible. La mère étant hétérozygote pour un gène autosomique, la moitié de ses gamètes portent l'allèle muté : chaque enfant a une probabilité de , soit 50 %, de recevoir la mutation. Dans cette famille, deux des trois enfants sont porteurs : un effectif aussi petit ne peut évidemment pas reproduire exactement la proportion , qui reste une probabilité calculée pour chaque enfant pris séparément.
- Un cancer suppose l'accumulation de plusieurs mutations dans une même cellule. Chez une porteuse, l'une de ces mutations est déjà présente, dès la naissance et dans toutes les cellules : une seule mutation somatique touchant l'allèle BRCA1 resté normal suffit alors à priver la cellule de protéine BRCA1. Cette cellule ne répare plus correctement son ADN : les erreurs de réplication et les lésions dues aux agents mutagènes s'y accumulent, et les mutations suivantes de la cancérisation y apparaissent plus facilement. La porteuse part donc avec une étape déjà franchie, et cela dans chacune de ses cellules à la fois : c'est ce qui explique un risque plus élevé et des cancers plus précoces.
- Le cancer exige l'accumulation de plusieurs mutations dans une même cellule. La mutation héritée n'en fournit qu'une : les autres restent aléatoires et dépendent aussi de l'environnement et de l'âge. La mutation de BRCA1 est donc une prédisposition, c'est-à-dire une probabilité accrue, et non une maladie héréditaire certaine : une porteuse peut ne jamais développer de cancer.
- La fille aînée, porteuse, relève d'un suivi médical renforcé et précoce (surveillance régulière permettant un dépistage à un stade très précoce) et a tout intérêt à limiter son exposition aux agents mutagènes. La fille cadette n'a pas reçu l'allèle muté : son risque est celui de la population générale (10 % pour le sein), et elle ne peut pas transmettre cette mutation à ses enfants. Un suivi identique à celui de la population générale suffit.
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