Problème — Lire le buisson humain dans un tableau de fossiles
Application directe du cours · niveau 1 (application) · SVT (terminale), chapitre 4 — L'histoire humaine lue dans son génome
Énoncé
Problème — Lire le buisson humain dans un tableau de fossiles.
Le tableau rassemble quelques données relatives à sept espèces de la lignée humaine. Les âges sont exprimés en millions d'années (Ma).
| Espèce | Période (Ma) | Volume crânien (cm) | Bipédie | Outils |
|---|---|---|---|---|
| Sahelanthropus tchadensis | à | 360 | probable | non |
| Australopithecus afarensis | à | 400 | oui | non |
| Homo habilis | à | 650 | oui | oui |
| Homo erectus | à | 1000 | oui | oui |
| Homo neanderthalensis | à | 1500 | oui | oui |
| Homo floresiensis | à | 420 | oui | oui |
| Homo sapiens | à aujourd'hui | 1350 | oui | oui |
- Classer les espèces du tableau selon leur date d'apparition, de la plus ancienne à la plus récente.
- Comparer le volume crânien d'Australopithecus afarensis à celui d'Homo sapiens : par combien a-t-il été multiplié ?
- La bipédie est déjà probable chez la plus ancienne espèce du tableau ( Ma) et attestée dès Ma, alors que le volume crânien ne dépasse qu'à partir de Ma. Que peut-on en conclure sur l'ordre d'acquisition des caractères dérivés de la lignée humaine ?
- Relever, à l'aide de la colonne des périodes, les espèces qui existaient il y a ans ( Ma). Que montre ce relevé ?
- Le volume crânien de Homo neanderthalensis est supérieur à celui d'Homo sapiens, et Homo floresiensis, pourtant récent, n'atteint que . En quoi ces deux données contredisent-elles l'image d'une évolution humaine en forme d'échelle ?
Corrigé
- D'après la première borne de chaque période : Sahelanthropus tchadensis ( Ma), Australopithecus afarensis ( Ma), Homo habilis ( Ma), Homo erectus ( Ma), Homo neanderthalensis ( Ma), Homo sapiens ( Ma), Homo floresiensis ( Ma).
- Le volume passe de à : , soit une multiplication par environ .
- La bipédie est acquise très tôt : probable dès Ma chez Sahelanthropus et attestée dès Ma chez l'australopithèque, alors que le volume crânien de ces formes reste de l'ordre de à , l'augmentation du volume crânien n'intervenant que beaucoup plus tard, avec le genre Homo. Les caractères dérivés ne s'installent donc pas simultanément : c'est une acquisition en mosaïque.
- Il y a Ma existaient Homo neanderthalensis ( à Ma), Homo floresiensis ( à Ma) et Homo sapiens ( Ma à aujourd'hui), soit trois espèces humaines simultanément. L'évolution humaine n'est donc pas une succession d'espèces se remplaçant une à une : plusieurs espèces ont coexisté, ce qui traduit un buissonnement.
- Si l'évolution était une échelle menant régulièrement à Homo sapiens, le volume crânien devrait augmenter sans cesse et culminer chez Homo sapiens. Or Néandertal, espèce disparue, a un volume supérieur ( contre ), et Homo floresiensis, l'une des espèces les plus récentes, a un volume comparable à celui d'un australopithèque (). Chaque espèce est donc une branche ayant sa propre histoire, et non un barreau d'une échelle du progrès.
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