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thermodynamique 2 : diffusion et rayonnement (PC) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Le poste de détente du gaz naturel : pourquoi on chauffe le gaz avant de le détendre

Systèmes ouverts en régime stationnaire · E. Diagrammes thermodynamiques · niveau 3 (difficile)

Énoncé

À l'entrée d'une ville, un poste de détente fait passer le gaz du réseau de transport, à et , au réseau de distribution, à . Le débit est de de gaz assimilé au méthane pur (). Le gaz traverse un réchauffeur, puis une vanne de détente (un laminage), puis un compteur. La vanne est calorifugée ; et sont négligeables.

Diagramme du méthane : cloche de saturation (L, liquide ; L + V, mélange), isothermes en gris (en C), isentropes en tirets (en ) ; C, point critique (, ). Valeurs des tables :

état du méthane (bar) (C) () ()
gaz de transport
gaz
même que la première ligne
même que la première ligne
gaz distribué
vapeur saturante—

1) Écrire le premier principe pour la vanne. Que prévoit le modèle du gaz parfait pour la température de sortie ?

2) Tracer la détente sur le diagramme, sans réchauffage, et lire la température de sortie. Calculer le refroidissement moyen par bar de détente.

3) Un gaz livré au-dessous de givre la vanne, peut former des hydrates (solides avec l'humidité résiduelle) et fragilise les aciers ; le poste livre à . À quelle température faut-il réchauffer le gaz avant la vanne ? Quelle puissance la chaudière du poste fournit-elle ?

4) Calculer l'entropie massique créée dans la vanne, sans réchauffage. Commenter.

5) Cas limite : on remplace la vanne par une turbine de détente calorifugée et réversible. Quels travail massique et puissance récupérerait-on ? Où arriverait le gaz ? Conclure.

Corrigé

La stratégie. Une vanne n'a pas de pièce mobile et le gaz la traverse sans échanger de chaleur : le premier principe impose . Le diagramme dit alors tout, car la détente y est une verticale.

1) Isenthalpique. , , et négligeables : . Pour un gaz parfait, ne dépend que de : la vanne laisserait la température inchangée. Ce n'est pas une transformation isotherme (le gaz ne passe pas par des états d'équilibre à ) : seules l'entrée et la sortie ont la même température.

2) La verticale du laminage. De , on descend à constant jusqu'à : le point d'arrivée est entre les isothermes et , près de la seconde ; la table donne . Refroidissement : pour , soit en moyenne. C'est l'effet Joule-Thomson : en se détendant, le gaz écarte ses molécules contre leurs attractions ; à enthalpie constante, l'énergie potentielle d'interaction remonte aux dépens de l'agitation thermique. Sur le diagramme, il traduit l'inclinaison des isothermes déjà vue pour la station de compression : la verticale traverse les isothermes vers le froid.

3) Le réchauffage. Pour livrer à sous , il faut après la vanne, donc avant elle (verticale ) ; sur l'isobare , cette enthalpie correspond à . Le réchauffeur () apporte et, avec , une puissance . Ordre de grandeur : la chaudière brûle environ du gaz qui transite (pouvoir calorifique voisin de , soit transités).

4) L'entropie créée. Vanne calorifugée : , . C'est énorme : par kilogramme, trente-quatre fois l'entropie créée dans le compresseur de la station. La détente libre d'une vanne est le prototype de l'irréversibilité : toute la « capacité de travail » de la chute de pression est perdue.

5) Cas limite : la turbine de détente. Isentropique : on suit l'isentrope jusqu'à , : récupérables, mais le gaz sortirait à , à de sa liquéfaction sous (, sur la courbe de rosée) : inutilisable. Un turbodétendeur réel préchauffe donc bien davantage (plus de pour sortir à en détente isentropique) ; il ne se justifie que sur les gros postes, où l'électricité produite paie la chaleur. Le laminage, lui, ne coûte que de chaleur mais perd tout le travail possible. Enfin, l'effet n'est pas universel : un gaz réel se refroidit par laminage au-dessous de sa température d'inversion et s'échauffe au-dessus ; le méthane à l'ambiante se refroidit, l'hydrogène s'échaufferait légèrement ( dans les mêmes conditions).

Ce que l'exercice installe. Le laminage est isenthalpique : une verticale sur le diagramme . Pour un gaz parfait, il conserve ; pour un gaz réel, il la fait varier (effet Joule-Thomson), d'où le réchauffage, dimensionné par sur l'isobare amont. L'entropie créée par une vanne est grande ; la comparaison avec la détente isentropique chiffre le travail perdu et la limite pratique du gain.

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