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thermodynamique 2 : diffusion et rayonnement (PC) · Chapitre 3 · Exercice de TD

La sonde géothermique d'une pompe à chaleur : pourquoi le sol ne trouve jamais son régime permanent

Diffusion thermique · D. Régime stationnaire et résistance thermique · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Une pompe à chaleur tire l'énergie du sous-sol par une sonde verticale : un tube en U descendu dans un forage de rayon et de profondeur (quelques dizaines de mètres), où circule un fluide plus froid que le sol. On note la puissance prélevée par mètre de sonde. Le sous-sol est de la roche (, ), à loin de la sonde. Le forage étant très long devant son rayon, on étudie un problème à symétrie cylindrique autour de son axe, puis, pour comparer, une source sphérique. Laplaciens fournis : (cylindre), (sphère).

1) Sphère. Une sphère de rayon , dans un milieu infini, échange un flux avec lui en régime stationnaire. Montrer que , puis construire la résistance entre la sphère et l'infini. Est-elle finie ? En quel temps ce régime s'établit-il, pour ?

2) Cylindre. Montrer qu'en régime stationnaire . Peut-on satisfaire à l'infini si le cylindre échange un flux non nul ? Que vaut la résistance par mètre entre et , et quand ?

3) Ordre de grandeur. Au bout d'une durée d'extraction, seule la roche à une distance inférieure à environ est refroidie ; on assimile cette zone à un régime stationnaire entre et . Calculer après une saison de chauffe ( jours) et l'écart pour . La solution exacte du problème transitoire (source linéique, donnée) s'écrit, pour : Comparer. Pourquoi l'estimation grossière de la taille de la zone donne-t-elle un résultat si proche ?

4) Dimensionnement. Une maison demande de chaleur par saison de jours. La pompe à chaleur a un coefficient de performance de (elle fournit quatre fois le travail électrique qu'elle reçoit) : quelle énergie tire-t-elle du sol, et quelle puissance moyenne ? Entre la roche au bord du forage et le fluide, le tube et le coulis de remplissage ajoutent une résistance linéique (donnée). Le fluide doit rester au-dessus de en fin de saison. Calculer la puissance admissible par mètre et la longueur de sonde, avec l'estimation de la question 3 puis avec la formule exacte.

5) Si l'on prélève sans jamais laisser le sol se reposer, que vaut l'écart après dix ans ? Commenter.

Corrigé

La stratégie. Le laplacien fourni donne les profils stationnaires sans source ; la résistance se construit ensuite comme pour une coque, en faisant tendre le rayon extérieur vers l'infini. La sphère a une résistance finie : elle atteint un régime permanent. Le cylindre, non : sa zone d'influence grandit sans fin, et c'est la loi d'échelle qui en fixe la taille.

1) La sphère. s'écrit : , puis , en choisissant la constante pour que . Le flux sortant à travers la sphère de rayon , , ne dépend pas de (bilan stationnaire sans source sur une coquille). Entre et l'infini : une résistance finie (c'est la coquille de l'exercice sur le méthanier avec ). Le régime s'établit dès que la zone perturbée, de taille , dépasse nettement : en quelques , deux à trois jours.

2) Le cylindre. : , . Le flux par mètre, , est conservé ; s'il n'est pas nul, et n'a pas de limite à l'infini : aucun profil stationnaire ne raccorde la sonde à une roche à . La résistance par mètre entre et , construite comme pour un manchon, vaut , et elle tend vers l'infini avec . Autour d'un cylindre infini qui échange un flux, il n'y a pas de régime permanent : l'écart de température croît sans fin, mais seulement comme un logarithme.

3) La zone d'influence. . Résistance de la zone refroidie et écart : Formule exacte : . L'estimation est à près, alors que la taille de la zone n'était connue qu'à un facteur près : le logarithme pardonne. Se tromper d'un facteur sur le rayon de la zone ne change que de sur (la formule exacte correspond d'ailleurs à un rayon ).

En temps logarithmique, ce sont deux droites parallèles : l'écart gagne chaque fois que la durée est multipliée par dix.

4) Dimensionnement. Énergie tirée du sol : la pompe fournit , dont un quart vient du travail électrique, donc , soit en moyenne . La roche lointaine (à ), la zone refroidie () et le forage () sont en série ; en fin de saison, le fluide est à : Avec la formule exacte () : et .

5) La dérive. Après dix ans d'extraction continue à : , contre après une saison. Le sol ne se stabilise jamais : le fluide finirait par geler. En pratique, l'été laisse la roche se recharger, et l'on peut y réinjecter de la chaleur (rafraîchissement, capteurs solaires).

Ce que l'exercice installe. Le laplacien fourni donne les profils stationnaires sans source : autour d'un centre, autour d'un axe. La résistance se construit entre deux rayons ; vers l'infini, elle est finie pour une sphère, infinie pour un cylindre : autour d'une sonde, pas de régime permanent, mais un écart qui croît comme . La loi d'échelle fixe la taille de la zone utile, et le logarithme rend l'estimation robuste. Des résistances en série dimensionnent l'installation.

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