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thermodynamique et statique des fluides (PCSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD

La fenêtre mésoscopique : ni trop petit, ni trop grand

Le système thermodynamique : descriptions et variables d'état · A. Les échelles de description · niveau 2

Énoncé

Pour définir une grandeur locale (masse volumique, pression, température) en un point d'un fluide, on fait la moyenne sur les molécules contenues dans un petit cube de côté centré en . On admet que, si ce cube contient en moyenne molécules, le nombre de molécules effectivement présentes fluctue d'un instant à l'autre avec un écart relatif de l'ordre de .

  1. Pourquoi ne peut-on pas définir la masse volumique « en un point mathématique » () ?
  1. Calculer le nombre de molécules dans un litre d'air, puis dans un cube d'un micromètre de côté (, , ). Quelle est la fluctuation relative dans ce cube ?
  1. Borne inférieure. On veut une masse volumique locale définie à près en valeur relative. Quel nombre minimal de molécules faut-il dans le cube ? En déduire la taille minimale du cube, dans l'air puis dans l'eau liquide (, ). Même question pour une précision de dans l'air.
  1. Borne supérieure. Près d'un radiateur, la température de l'air varie de par mètre. Pour que la température locale soit définie à près en valeur relative autour de , quelle taille maximale le cube peut-il avoir ?
  1. Conclure : qu'appelle-t-on échelle mésoscopique ? Pourquoi la description par des grandeurs locales est-elle d'autant plus confortable que le fluide est dense ? Le cube doit-il aussi être grand devant le libre parcours moyen ?

Corrigé

La stratégie. L'échelle mésoscopique n'est pas une taille fixée par convention : c'est une fenêtre de tailles, bornée en bas par une exigence statistique (la moyenne doit être stable) et en haut par une exigence de localité (la grandeur moyennée ne doit pas varier à travers le cube). On calcule chacune des deux bornes, puis on vérifie que la fenêtre n'est pas vide.

1) Le point mathématique. Dans un volume qui tend vers zéro, il n'y a, à un instant donné, soit aucune molécule, soit une seule. Le rapport « masse contenue sur volume » vaut alors zéro, ou bien la masse d'une molécule divisée par un volume qui tend vers zéro, donc il tend vers l'infini : il saute sans cesse entre ces deux valeurs, au gré des passages des molécules. Aucune limite n'existe. La masse volumique, et de même la pression ou la température, sont des moyennes : elles n'ont de sens que sur un volume qui contient beaucoup de molécules.

2) Les nombres. Avec : et pour un cube d'un micromètre de côté, de volume , La fluctuation relative y vaut : un cube d'un micromètre, invisible au microscope optique le plus ordinaire, contient vingt-cinq millions de molécules, et la moyenne y est stable à deux dix-millièmes près.

3) La borne inférieure. La condition impose . Un cube de côté contient molécules, donc . Dans l'air : Dans l'eau liquide, , d'où . Précision de dans l'air : , ; mille fois plus de précision demande un million de fois plus de molécules, un cube cent fois plus grand en côté.

4) La borne supérieure. À travers un cube de côté , la température varie d'environ . Pour que cette variation reste inférieure à , il faut

5) La fenêtre. Dans l'air, à près, le « point » de fluide peut mesurer de à : cinq ordres de grandeur. C'est l'échelle mésoscopique : petite à l'échelle macroscopique (la grandeur y est uniforme), grande à l'échelle microscopique (la moyenne y est stable). Dans un liquide, la borne inférieure est dix fois plus basse ; dans un gaz très raréfié, elle grimpe comme et peut rejoindre la taille du récipient : la fenêtre se ferme, et les grandeurs locales perdent leur sens.

Pour la masse volumique, l'exigence est seulement statistique. Mais pour parler d'une température locale, il faut que les molécules du cube s'y heurtent souvent et « se mettent d'accord » : on demande aussi , ce qui reste compatible avec la fenêtre trouvée.

Ce que l'exercice installe. Une échelle se choisit entre deux contraintes, et chaque contrainte se chiffre : fluctuations en en bas, longueur de variation macroscopique en haut. Ce raisonnement fonde toutes les grandeurs locales de l'année : une grandeur locale est une moyenne mésoscopique, et elle cesse d'exister quand la fenêtre se ferme.

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