thermodynamique et statique des fluides (PCSI) · Chapitre 1 · Application directe du cours
La pression, flux de quantité de mouvement : de l'averse à l'air
Le système thermodynamique : descriptions et variables d'état · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Un jet de particules identiques, de masse , de vitesse perpendiculaire à une paroi plane d'aire située dans le plan , de densité particulaire uniforme (nombre de particules par mètre cube), frappe la paroi.
- Combien de particules frappent la paroi pendant une durée ? En considérant le système fermé formé de ces particules, exprimer la variation de leur quantité de mouvement si chaque choc est élastique (vitesse réfléchie), puis si chaque particule reste collée à la paroi (choc mou).
- En déduire la force moyenne exercée par le jet sur la paroi, puis la pression : (choc élastique), (choc mou). Pourquoi cette force est-elle « parfaitement stable » quand le nombre de chocs par seconde est grand ?
- Une averse sur un toit plat. Une forte pluie de par heure tombe verticalement à ; les gouttes s'écrasent (choc mou). Calculer la masse de pluie reçue par mètre carré et par seconde, puis la pression exercée sur le toit. Comparer à la pression atmosphérique.
- L'air. Une molécule d'air a une masse avec ; on lui attribue une vitesse de l'ordre de . Quelle densité faudrait-il à un jet élastique de telles molécules pour exercer ? Comparer à la densité moléculaire de l'air, : quelle fraction des molécules suffirait, si chacune frappait la paroi de face ? Interpréter.
- Évaluer le nombre de chocs par centimètre carré et par seconde. Conclure sur l'interprétation de la pression comme une moyenne.
Corrigé
La stratégie. La pression est une force par unité de surface ; une force est, d'après le principe fondamental de la dynamique, un taux de variation de quantité de mouvement. On choisit donc un système fermé, les particules qui heurtent la paroi pendant , on calcule la variation de sa quantité de mouvement, et l'on en déduit la force que la paroi exerce sur lui, puis, par la troisième loi de Newton, la force qu'il exerce sur la paroi.
1) Le décompte. Frappent la paroi pendant les particules situées, au début, dans le cylindre de base et de hauteur : . Choc élastique : chacune passe de à , d'où, pour le système fermé des particules,
Choc mou : devient , et , deux fois moins.
2) La force et la pression. Seule la paroi agit sur ces particules pendant le choc (pesanteur négligée). Le principe fondamental de la dynamique donne la force moyenne de la paroi sur elles, ; d'après la troisième loi de Newton, elles exercent sur la paroi la force opposée, dans le sens du jet. En divisant par :
Homogénéité : .
Pourquoi la force est stable. La force réelle est une suite d'impulsions brèves. Sur chocs, la fluctuation relative de la force moyenne est de l'ordre de , comme toute fluctuation de comptage : pour immense, la force est constante.
3) L'averse. Une hauteur de pluie de par heure signifie que, par mètre carré, il tombe chaque heure un volume d'eau de , soit . Le débit massique surfacique vaut
Or (masse traversant l'unité de surface par unité de temps), donc pour des chocs mous :
Un millionième de la pression atmosphérique : l'averse qu'on entend tambouriner pousse le toit infiniment moins que l'air immobile. Le bruit traduit la discrétisation des chocs (quelques milliers de gouttes par mètre carré et par seconde), pas la force moyenne.
4) L'air. , et
C'est fois moins que la densité de l'air : un sixième des molécules suffirait. Le facteur six s'interprète dans un modèle volontairement grossier : si les molécules se répartissaient en six faisceaux, selon , , , un sixième seulement irait vers une paroi donnée, et l'on trouverait avec la bonne valeur. Le chapitre suivant reprendra ce modèle pour interpréter la température.
5) Les chocs. Le nombre de chocs par unité de surface et par unité de temps vaut :
Deux cent mille milliards de milliards de chocs par centimètre carré et par seconde. Même pendant une microseconde et sur un micromètre carré, il y en a encore : la fluctuation relative de la force, en , y est de deux cent-millièmes. La pression n'est pas une propriété d'une molécule : c'est une moyenne sur un nombre astronomique de chocs, d'où sa stabilité, et d'où son caractère intensif.
Ce que l'exercice installe. La pression d'un gaz est un flux de quantité de mouvement à travers la paroi. La méthode (système fermé des particules qui frappent pendant , bilan de quantité de mouvement) est celle de la théorie cinétique. Et l'ordre de grandeur à retenir : chocs par centimètre carré et par seconde, ce qui fait de la pression une grandeur parfaitement définie.
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