Adloun

thermodynamique et statique des fluides (PCSI) · Chapitre 4 · Application directe du cours

Découper en étapes : le quasi statique comme limite

Travail et transferts thermiques · niveau 2

Énoncé

Un gaz parfait est enfermé dans un cylindre diatherme au contact d'un thermostat à , sous un piston sans masse mobile sans frottement ; l'état initial est avec . On rappelle que la compression brutale (charge posée d'un coup, ) jusqu'à , avec , coûte , et la compression quasi statique isotherme . On porte la pression de à en étapes : à l'étape (), on ajoute d'un coup une charge qui fait passer la pression extérieure de à

puis on attend que le gaz soit revenu à l'équilibre mécanique et thermique.

1) Quelle est la nature de chaque étape ? Calculer le travail reçu au cours de l'étape et montrer que

2) Représenter le chemin dans le diagramme de Clapeyron pour et interpréter comme une aire.

3) Reconnaître une somme de Riemann et montrer que quand .

4) Justifier que pour tout .

5) (Python, facultatif.) Calculer pour et . Combien de marches faut-il pour que dépasse de moins de 1 % ? Vérifier que tend vers .

6) Conclure : en quel sens une transformation quasi statique est-elle « une suite d'états d'équilibre » ?

Corrigé

La stratégie. Le programme demande d'« évaluer un travail par découpage en travaux élémentaires et sommation sur un chemin donné ». On découpe donc la transformation en étapes dont chacune est un cas connu (monobare), on somme, et l'on fait tendre vers l'infini.

1) Une étape. Le système est le gaz. Pendant l'étape , la pression extérieure vaut , constante : l'étape est monobare, et monotherme (thermostat). Elle part de l'état d'équilibre et aboutit à l'état d'équilibre , avec . Donc

Le travail total est la somme des travaux reçus sur les étapes successives, d'où la formule annoncée. Vérification : pour , on retrouve , la compression brutale.

2) L'escalier. Dans le diagramme , les états d'équilibre intermédiaires sont sur l'hyperbole isotherme. Chaque étape a pour travail l'aire d'un rectangle de hauteur (la nouvelle pression extérieure) et de base . Pour et , les pressions extérieures sont , , et ; les rectangles forment un escalier dont chaque marche touche l'hyperbole par son coin supérieur gauche et la déborde ailleurs. est l'aire sous l'escalier.

3) La limite. Posons , avec . Alors

qui est la somme de Riemann « à gauche » de la fonction continue sur , de pas . Quand , elle tend vers l'intégrale :

4) L'encadrement. La fonction est décroissante ; sur chaque intervalle , elle est majorée par sa valeur au bord gauche, . Donc

et en sommant, pour tout . C'est l'escalier qui déborde l'hyperbole : à chaque marche, l'opérateur comprime sous une pression extérieure supérieure à celle du gaz.

5) Le calcul. Un script court :


import math
nRT, k = 100.0, 2.0              # nRT0 (J), rapport des pressions
W_qs = nRT * math.log(k)
def W(N):
    P = [1 + j * (k - 1) / N for j in range(N + 1)]   # P_j / P_0
    return nRT * sum((P[j] - P[j-1]) / P[j-1] for j in range(1, N + 1))
for N in (1, 2, 5, 10, 100):
    print(N, round(W(N), 2), f"{100 * (W(N) - W_qs) / W_qs:.1f} %")
N = 1
while W(N) - W_qs >= 0.01 * W_qs:
    N += 1
print("N sous 1 % :", N, round(N * (W(N) - W_qs), 2))
print("limite :", nRT * (k - 1)**2 / (2 * k))

Résultat de l'exécution :

12510100
(J)10083,3374,5671,8869,57
écart à 44,3 %20,2 %7,6 %3,7 %0,4 %

Il faut 37 marches pour passer sous 1 % d'écart. Et vaut pour , puis tend vers : l'excès de travail décroît comme . Chaque marche ajoute en effet au-dessus de l'hyperbole un petit triangle, et la somme de ces triangles est en .

6) Conclusion. Une transformation quasi statique n'est pas réalisable exactement ; c'est la limite d'une suite de transformations réelles, dont chaque étape est brutale mais de plus en plus petite. À la limite, le système passe par une suite continue d'états d'équilibre, la pression extérieure suit celle du gaz, et le travail devient l'intégrale . Dire « quasi statique », c'est dire que l'excès de travail, en , est devenu négligeable.

Ce que l'exercice installe. Le travail se calcule en sommant des travaux élémentaires sur un chemin découpé ; la formule n'est pas une définition mais la limite d'une somme de travaux monobares. Et l'idéalisation « quasi statique » a un coût mesurable : l'écart à l'idéal décroît comme l'inverse du nombre d'étapes.

100 % gratuit

La suite du chapitre est sur Adloun

Exercice suivant et tuteur

Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre

Exercice suivant et tuteur →