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thermodynamique et statique des fluides (PCSI) · Chapitre 6 · Exercice de TD

Laplace tirée de l'entropie fournie ; la méthode de Clément–Desormes

Deuxième principe et bilans d'entropie · D. La loi de Laplace · niveau 3 (difficile)

Énoncé

On DONNE l'entropie de moles de gaz parfait de rapport constant :

1) Montrer que, pour une transformation adiabatique et réversible du gaz, reste constant, puis en déduire et . Indiquer précisément à quel endroit sert chacune des hypothèses : gaz parfait, adiabatique, réversible, constant.

2) Expérience de Clément et Desormes (1819). Un grand flacon contient de l'air à la température ambiante , sous une pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique ; un manomètre à eau indique une dénivellation , et l'on DONNE la relation , où est la masse volumique de l'eau. On ouvre largement le robinet un bref instant : la pression dans le flacon tombe à , et l'on referme. On attend ensuite que l'air revienne à ; le manomètre indique alors , soit .

a. On choisit pour système l'air qui reste dans le flacon à la fin de l'expérience. Pourquoi ce choix ? Justifier qu'on puisse modéliser sa détente de à par une adiabatique réversible. Que dire, en revanche, de l'air qui sort ?

b. Décrire la seconde étape. Montrer que

c. Les surpressions étant petites devant , montrer que .

3) Application : , , , , . Calculer par les deux formules. Que conclure sur la nature de l'air ?

4) Si l'on laisse le robinet ouvert trop longtemps, le gaz commence à échanger de la chaleur avec les parois. La valeur de obtenue est-elle surestimée ou sous-estimée ? Que mesurerait-on dans le cas limite où le robinet reste ouvert jusqu'à l'équilibre thermique ?

Corrigé

1) La loi de Laplace, hypothèse par hypothèse. Système : les moles de gaz, fermé ; transformation : de à . Adiabatique donne ; réversible donne ; il faut les deux pour que (isentropique). Gaz parfait et constant permettent d'utiliser l'expression fournie, à coefficient constant.

Alors soit . L'état étant quelconque, est constant tout au long du chemin. L'équation d'état du gaz parfait, , sert une seconde fois : , donc . Enfin, le produit de deux constantes élevées à des puissances fixes est constant, et donc .

2a) Le choix du système. L'air du flacon n'est pas un système fermé (une partie sort) : on suit la masse d'air qui reste. Elle passe de , dans une partie du flacon, à dans tout le volume .

Adiabatique : l'ouverture est brève, les transferts thermiques avec les parois, lents, n'ont pas le temps de se faire. Réversible : l'air qui reste se détend progressivement et à peu près uniformément, en poussant l'air qui sort, sans frottement notable ni écart de température : on le modélise par une suite d'états d'équilibre. L'air qui sort, lui, subit une détente violente en jet turbulent, fortement irréversible ; mais il n'est pas le système, et c'est pour cela qu'on l'a exclu.

2b) Les deux étapes. Étape 1, détente adiabatique réversible de à . Par la loi de Laplace sous la forme : Le gaz s'est refroidi : .

Étape 2, réchauffement isochore, robinet fermé : le système occupe le volume constant et revient à par contact avec les parois. Par l'équation d'état à volume et quantité de matière constants, .

On élimine : . On prend le logarithme :

2c) Les faibles surpressions. Avec pour : et . Le quotient donne Deux lectures de dénivellation suffisent : ni la température ni le volume du flacon ne sont nécessaires.

3) L'application numérique. et . La formule exacte donne la formule approchée . Elles s'accordent à quelques millièmes près. La valeur est celle d'un gaz parfait diatomique : l'air est pour l'essentiel du diazote et du dioxygène. Ordre de grandeur du refroidissement : , soit environ de moins que l'ambiante : la détente est douce.

4) Le robinet ouvert trop longtemps. L'air froid reçoit alors de la chaleur des parois pendant l'étape 1 : il est plus chaud que à la fermeture, se réchauffe moins ensuite, et est plus petit. Dans , le dénominateur augmente : est sous-estimé.

Le cas limite. Si le robinet reste ouvert jusqu'à l'équilibre thermique, l'air restant revient à dès l'étape 1 : la détente est isotherme, il n'y a plus de réchauffement, , et la formule donne . C'est l'exposant de l'isotherme. La méthode exige une détente rapide devant les transferts thermiques.

Ce que l'exercice installe. La loi de Laplace n'est pas une formule à réciter : c'est écrit avec l'expression fournie, et chacune de ses hypothèses a sa place — adiabatique pour , réversible pour , gaz parfait et constant pour l'expression elle-même. Et choisir l'air qui reste ramène une enceinte qui se vide à un système fermé.

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