Problème : le thermomètre à gaz et le zéro absolu
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · thermodynamique (MPSI), chapitre 1 — Le système thermodynamique : descriptions et variables d'état · E. Pression et température
Énoncé
Un thermomètre à gaz à volume constant est une ampoule rigide reliée à un capteur de pression (volume mort négligé), remplie d'une petite quantité de gaz. On la plonge dans le corps dont on veut la température, on attend, on lit la pression .
- Pourquoi faut-il attendre ? Quelle condition d'équilibre la mesure exploite-t-elle ? Pourquoi l'ampoule doit-elle avoir une capacité à stocker l'énergie faible devant celle du corps étudié ? Pourquoi le volume doit-il être fixé ?
- On remplit l'ampoule d'azote sous dans la glace fondante () ; dans l'eau bouillante sous (), on lit . On admet que est une fonction affine de la température Celsius : . Calculer , puis la température à laquelle s'annulerait.
- On recommence avec d'autres remplissages et un autre gaz. Les rapports mesurés sont :
| (bar) | 1,000 | 0,667 | 0,333 |
|---|---|---|---|
| azote | 1,36710 | 1,36677 | 1,36643 |
| hélium | 1,36608 | 1,36608 | 1,36609 |
a) Calculer pour chaque mesure ; commenter. b) Tracer en fonction de pour l'azote et extrapoler à . Comparer à l'hélium. En déduire la valeur limite commune , puis . c) Pourquoi la limite des faibles remplissages est-elle la bonne ? (penser à la distance entre molécules, exercice 1).
- On définit la température absolue par où est la pression lue, avec le même remplissage, au point triple de l'eau, qui est à . Montrer que cette définition redonne .
- L'ampoule, remplie d'hélium sous faible pression, lit au point triple de l'eau et dans l'azote liquide bouillant sous . Quelle est la température de l'azote liquide ? Pourquoi ce thermomètre deviendrait-il faux vers , et pourquoi l'hélium est-il préféré à l'azote ?
(Les rapports du tableau sont des données modèles réalistes, construites à partir du comportement connu de ces gaz aux pressions modérées ; ce ne sont pas des mesures publiées.)
Corrigé
Le résultat visé. On va établir que la pression d'un gaz dilué, à volume fixé, s'annulerait à une température commune à tous les gaz, , et en faire la base d'une échelle de température qui ne dépend d'aucune substance. On n'utilise pas l'équation d'état des gaz parfaits, qui viendra au chapitre suivant : la proportionnalité de à une température, à volume fixé et à faible pression, est ici un fait expérimental, et c'est elle qui servira de définition.
1) Le principe de la mesure. À l'équilibre thermique, l'ampoule et le corps ont la même température, et la pression du gaz, qui n'en dépend plus que d'elle, devient une grandeur thermométrique. L'ampoule doit stocker peu d'énergie devant le corps, pour ne pas modifier sa température en se mettant à l'équilibre. Enfin, dépend de et de : fixer le volume fait de une fonction de la seule température (une équation d'état lie , et : deux d'entre elles fixées, la troisième est déterminée).
2) Une mesure, une extrapolation. De on tire La pression s'annulerait pour , soit Proche de , mais pas égal : une extrapolation sur près de trois fois l'intervalle mesuré amplifie le moindre écart.
3) Plusieurs remplissages, deux gaz. a) Avec :
| (bar) | 1,000 | 0,667 | 0,333 |
|---|---|---|---|
| azote : (C) | |||
| hélium : (C) |
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