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thermodynamique (PTSI) · Chapitre 1 · Application directe du cours

Équilibre ou régime stationnaire ? Ce que chaque paroi impose

Le système thermodynamique : descriptions et variables d'état · niveau 2

Énoncé

  1. Une barre de cuivre relie un bain d'eau bouillante à un bain de glace fondante. Au bout d'un certain temps, la température en chaque point de la barre ne varie plus. La barre est-elle à l'équilibre thermodynamique ? Que manque-t-il ?
  1. Deux corps de températures différentes sont mis en contact, l'ensemble étant isolé de l'extérieur. Décrire qualitativement l'évolution. Quelle condition caractérise l'état final ?
  1. Le thermomètre. On plonge un thermomètre dans un bain et l'on attend. Quelle propriété de l'équilibre thermique permet d'affirmer que deux corps qui donnent la même indication au même thermomètre sont à la même température, même s'ils n'ont jamais été en contact ? Pourquoi le thermomètre doit-il être « petit » ?
  1. Un cylindre horizontal rigide de volume total , dont la paroi latérale et les fonds sont diathermes, est plongé dans un grand bain à la température . Un piston sans frottement le sépare en deux compartiments contenant et moles d'un même gaz, qu'on suppose obéir à l'équation d'état . Le piston peut être fixe ou mobile, diatherme ou adiabatique. Pour chacun des quatre cas, dire quelles égalités l'équilibre impose entre les deux compartiments, compter les inconnues et les équations, et déterminer l'état final quand c'est possible. On donne , , , .
  1. Même cylindre, mais désormais entièrement calorifugé (paroi latérale et fonds adiabatiques), avec un piston mobile et adiabatique. Les deux gaz sont initialement à des températures différentes. Combien d'égalités l'équilibre impose-t-il ? Combien d'inconnues l'état final comporte-t-il ? Conclure.

Corrigé

La stratégie. Un équilibre exige des variables uniformes, constantes, sans flux macroscopique. On en déduit l'égalité qu'impose chaque type de paroi, puis on compte : l'état final est déterminé s'il y a autant d'équations indépendantes que d'inconnues.

1) Stationnaire n'est pas équilibre. La température de la barre est constante dans le temps en chaque point, mais elle n'est pas uniforme : elle décroît de à le long de la barre. Et surtout, un flux d'énergie traverse la barre en permanence, du bain chaud vers le bain froid : il faut chauffer l'un et la glace de l'autre fond. C'est un régime stationnaire, entretenu par l'extérieur. L'équilibre demande à la fois constance, uniformité et absence de flux.

2) Le contact thermique. De l'énergie passe spontanément du corps le plus chaud au plus froid ; la température du premier baisse, celle du second monte, jusqu'à ce que les deux soient égales. Le transfert cesse alors : l'état final est caractérisé par l'égalité des températures, condition d'équilibre thermique. Sa valeur se calculera par un bilan d'énergie ; seule la condition finale compte ici.

3) Le thermomètre et la transitivité. Si est en équilibre thermique avec le thermomètre , et aussi, alors et sont en équilibre thermique entre eux : c'est la transitivité de l'équilibre thermique, fait d'expérience parfois appelé « principe zéro ». C'est elle qui permet de comparer deux corps sans les mettre en contact. Le thermomètre doit avoir une capacité à stocker l'énergie faible devant celle du corps, pour ne pas modifier la température qu'il mesure.

4) Les quatre cas, cylindre diatherme dans un bain. Les inconnues de l'état final sont , , , et (le volume s'en déduit) : cinq inconnues. On dispose toujours des deux équations d'état et . La paroi latérale et les fonds étant diathermes et le bain grand, chaque gaz finit à la température du bain : et , quel que soit le piston. Cela fait quatre équations ; il en manque une.

  • Piston fixe : est une donnée. L'état est déterminé, , , et en général : un piston fixe supporte une différence de pression. Diatherme ou non, rien ne change, le bain imposant déjà les températures.
  • Piston mobile : la cinquième équation est l'équilibre mécanique du piston (horizontal, son poids n'intervient pas), . Alors et : le volume se partage au prorata des quantités de matière.

Bilan : la mobilité du piston fournit l'égalité des pressions, la diathermie l'égalité des températures (ici redondante avec le bain). Chaque propriété de paroi donne une égalité à l'équilibre, et une seule.

5) Le piston adiabatique dans un cylindre calorifugé. Cette fois, rien n'impose les températures : et sont des inconnues. La paroi mobile impose , et c'est tout : le piston adiabatique ne laisse pas passer l'énergie thermique, donc il n'impose pas . Inconnues : , , , , (cinq) ; équations : deux équations d'état et (trois). Il manque deux équations. La conservation de l'énergie du système isolé formé des deux gaz et du piston, qu'on saura écrire au chapitre du premier principe, en fournira une : il en manquera encore une.

L'état final n'est pas déterminé par les seules conditions d'équilibre : il dépend du détail de l'évolution (oscillations du piston, amortissement). C'est le problème célèbre du « piston adiabatique ». En pratique, aucun piston n'est parfaitement adiabatique, et un lent transfert thermique finit par égaliser les températures.

Ce que l'exercice installe. Trois réflexes. Ne pas confondre stationnaire et équilibre : l'équilibre est sans flux. Chaque propriété d'une paroi (mobile, diatherme, perméable) impose une égalité à l'équilibre, et une seule (pression, température, puis plus tard potentiel chimique). Et compter : un état final n'est déterminé que si les équations indépendantes sont aussi nombreuses que les inconnues ; c'est ce comptage qui dira, dans chaque bilan de l'année, s'il manque une hypothèse.

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