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thermodynamique (PTSI) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Adiabatique ou isotherme : une question de durée

Travail et transferts thermiques · C. Les transferts thermiques · niveau 2

Énoncé

Un gaz enfermé dans un cylindre métallique, brusquement comprimé, s'échauffe ; on mesure qu'il revient à la température ambiante avec un temps caractéristique (temps au bout duquel l'écart de température a été divisé par ).

1) Que représente ? Pourquoi est-il d'autant plus long que les parois conduisent mal la chaleur et que le volume de gaz est grand devant la surface des parois ?

2) Qualifier, en comparant leur durée à , les compressions suivantes : un coup de pompe d'une demi-seconde ; une seringue bouchée qu'on enfonce régulièrement en une minute ; la même en dix minutes. Lesquelles peut-on modéliser comme adiabatiques, lesquelles comme isothermes ? Qu'est-ce qui est « monotherme » dans tous les cas ?

3) Dans un moteur Diesel tournant à , la compression dure un demi-tour. Calculer sa durée et conclure.

4) Le cours montre qu'à partir d'un même état, la courbe d'une transformation adiabatique quasi statique est plus pentue que l'isotherme dans le diagramme de Clapeyron. Pour une même réduction de volume, quelle compression demande le plus de travail ? Justifier par une aire, puis physiquement.

5) L'erreur de Newton. Newton calculait la vitesse du son dans l'air en supposant isothermes les compressions et détentes de l'onde, ce qui conduit à . Calculer à () et comparer à la valeur mesurée .

6) Pour un son de , quelle est la durée d'une compression ? Quelle hypothèse aurait-il fallu faire ? Calculer et reconnaître ce nombre.

Corrigé

La stratégie. « Adiabatique » ne décrit pas seulement une paroi : c'est une comparaison entre deux durées, celle de la transformation et celle qu'il faut au transfert thermique pour égaliser les températures. On estime l'une et l'autre, et l'on conclut par leur rapport.

1) Le temps de relaxation. mesure la lenteur du retour à l'équilibre thermique entre le gaz et l'extérieur. L'énergie qui doit sortir est proportionnelle à la quantité de gaz, donc à son volume ; elle sort à travers la surface des parois, d'autant plus lentement que celles-ci conduisent mal. Un grand volume, une petite surface, une paroi isolante : est long. Une paroi calorifugée rend « infini ».

2) Trois compressions. Le coup de pompe dure : le gaz n'a pas le temps d'échanger de chaleur, la compression est adiabatique en bonne approximation — c'est pourquoi le corps de la pompe chauffe. La seringue enfoncée en une minute dure : ni l'un ni l'autre, le gaz s'échauffe un peu et se refroidit en même temps ; aucun des deux modèles ne convient bien. En dix minutes, : la température du gaz suit celle de l'extérieur, et si la compression est aussi quasi statique, elle est isotherme. Dans les trois cas, le gaz est entouré par l'atmosphère, de température constante : la transformation est monotherme, et la température finale, une fois l'équilibre revenu, est la température ambiante.

3) Le Diesel. font ; un demi-tour dure C'est plus de mille fois plus court que le de notre cylindre, et beaucoup plus court que le temps de relaxation thermique de l'air dans un cylindre de moteur : seule une petite fraction de l'énergie a le temps de traverser les parois, la compression Diesel est adiabatique en bonne approximation. L'air s'y échauffe assez pour enflammer le gazole injecté, sans bougie ; on en expliquera la valeur au chapitre suivant.

4) Quelle compression coûte le plus ? Partons d'un même état et réduisons le volume de à . Vers les petits volumes, la courbe la plus pentue monte plus vite : l'adiabatique passe au-dessus de l'isotherme sur tout l'intervalle . Le travail reçu en compression quasi statique est l'aire sous la courbe : l'adiabatique coûte plus de travail. Physiquement, le gaz qui ne peut pas céder de chaleur s'échauffe en étant comprimé ; à volume égal, il est plus chaud, donc sa pression est plus élevée, et il résiste davantage. En détente, c'est l'inverse : l'adiabatique, plus basse, rend moins de travail que l'isotherme.

5) Newton. Avec : La valeur mesurée est de : Newton se trompait de , un écart bien supérieur à la précision des mesures, même à son époque.

6) La correction de Laplace. Pour un son de , une compression dure une demi-période, ; et l'énergie devrait voyager d'une zone comprimée (chaude) à la zone détendue voisine, à une demi-longueur d'onde, soit , ce que la conduction dans l'air est incapable de faire en une demi-milliseconde. Les compressions de l'onde sont donc adiabatiques, pas isothermes. Le calcul donne qui est exactement le rapport de l'air, gaz parfait diatomique (, vu au chapitre sur le gaz parfait). Laplace corrigea la formule en 1816 : , que l'on retrouvera en deuxième année.

Ce que l'exercice installe. Adiabatique, isotherme : ce sont des modèles, choisis en comparant la durée de la transformation au temps de relaxation thermique. Une transformation rapide est adiabatique même sans paroi calorifugée ; une transformation lente au contact d'un thermostat est isotherme. Et le choix du modèle a des conséquences mesurables : il a fallu cent trente ans pour corriger la vitesse du son de Newton.

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