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thermodynamique (PTSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Détente de Joule–Gay-Lussac : gaz parfait, puis gaz de van der Waals

Premier principe et bilans d'énergie · A. Le premier principe · niveau 2

Énoncé

Deux récipients de même volume , à parois rigides et calorifugées, sont reliés par un robinet. L'un contient de gaz à , l'autre est vide. On ouvre le robinet, et l'on attend le nouvel équilibre.

1) Que valent et ? Que vaut ? Le justifier par les parois, et non par la transformation.

2) Le gaz est parfait : que vaut la température finale ? La transformation est-elle réversible ?

3) Le gaz est du diazote, décrit par le modèle de van der Waals, dont l'énergie interne est donnée : où est le volume occupé, et . Exprimer , puis faire l'application numérique pour . Estimer la pression initiale. Interpréter le signe en termes d'interactions entre molécules.

4) Dans son expérience de 1845, Joule plongeait les deux récipients dans un même bain d'eau et n'observa aucune variation de température du bain. Avec les données de la question 3 et un bain de d'eau (ordre de grandeur), estimer la variation de température qu'il aurait dû observer. Conclure sur la sensibilité de l'expérience.

Corrigé

Système et transformation. Système fermé : le gaz (toutes ses molécules, où qu'elles soient). Frontière : la paroi intérieure des deux récipients. État initial : gaz à l'équilibre dans le premier récipient, volume , température . État final : gaz à l'équilibre dans les deux récipients, volume , température inconnue. Les états intermédiaires ne sont pas des états d'équilibre (le gaz se rue dans le vide) : on ne peut rien écrire sur le chemin.

1) Les parois décident. Les parois sont rigides : aucune partie de la frontière ne se déplace, la frontière ne reçoit ni ne fournit de travail des forces de pression, . C'est l'immobilité des parois, et non « le vide qui ne pousse rien », qui annule le travail. Les parois sont calorifugées : . Le premier principe donne alors Les deux termes d'échange sont nuls séparément, et c'est ce qui rend la détente de Joule–Gay-Lussac si précieuse : elle mesure directement la façon dont dépend du volume, à énergie interne fixée.

2) Gaz parfait. L'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de : donne . Le gaz occupe deux fois plus de place à la même température ; sa pression est divisée par deux. La transformation n'est pas réversible : on n'a jamais vu un gaz se rassembler spontanément dans la moitié de son récipient. Le premier principe, qui donne le même aux deux états, ne dit pas dans quel sens les choses se passent : le chapitre sur l'entropie chiffrera cette irréversibilité.

3) Gaz de van der Waals. On écrit avec l'expression donnée, en notant que le volume passe de à : Homogénéité. s'exprime en , donc en , c'est-à-dire en joules : c'est bien une énergie, et divisée par donne des kelvins.

Application numérique. La pression initiale est de l'ordre de , soit (la correction de van der Waals la réduit d'environ ).

Interprétation du signe. Le terme est l'énergie potentielle des interactions attractives entre molécules : elle est négative, et d'autant plus que les molécules sont serrées. Quand le gaz se détend, les molécules s'éloignent les unes des autres : il faut « payer » pour les écarter malgré leur attraction, ce terme augmente de . Comme total est fixé, ce paiement est prélevé sur l'énergie cinétique d'agitation : le gaz réel se refroidit. Un gaz dont les molécules se repousseraient se réchaufferait.

4) L'expérience de Joule. Le bain change le système : les deux récipients ne sont plus calorifugés, mais l'ensemble {gaz + bain}, lui, l'est (on néglige la capacité des récipients). Pour ce nouveau système, et , donc . Le bain est énorme devant le gaz, sa température ne bouge presque pas, et le gaz finit pratiquement à la température initiale : à fixée, son énergie interne a augmenté de , que le bain a fournis. D'où Le bain aurait dû se refroidir de deux millikelvins environ — et moins encore en comptant la capacité thermique des récipients de cuivre. C'est à la limite de ce que mesuraient les meilleurs thermomètres de l'époque : Joule ne pouvait conclure qu'à l'absence d'effet mesurable. La grande capacité du bain, qui fait la qualité d'un calorimètre, est ici ce qui écrase l'effet.

Ce que l'exercice installe. et se décident sur la frontière : parois rigides, travail nul ; parois calorifugées, transfert thermique nul — et non par des raisonnements sur ce que « fait » le gaz. Ensuite l'usage d'une énergie interne donnée hors du modèle du gaz parfait, et la lecture physique de son terme d'interaction. Enfin la critique d'une expérience par un ordre de grandeur : un effet de trois kelvins sur le gaz peut n'en laisser que deux millièmes sur l'appareil.

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