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Corrigé bac mathématiques 2024 Métropole jour 2 — Exercice 1 : Réussite à un examen : probabilités conditionnelles et loi binomiale

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2024. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

La directrice d'une école souhaite réaliser une étude auprès des étudiants qui ont passé l'examen de fin d'étude, pour analyser la façon dont ils pensent avoir réussi cet examen.

Pour cette étude, on demande aux étudiants à l'issue de l'examen de répondre individuellement à la question : « Pensez-vous avoir réussi l'examen ? ». Seules les réponses « oui » ou « non » sont possibles, et on observe que des étudiants interrogés ont répondu « oui ».

Suite à la publication des résultats à l'examen, on découvre que :

On interroge au hasard un étudiant qui a passé l'examen.

On note l'événement « l'étudiant a réussi l'examen » et l'événement « l'étudiant a répondu « oui » à la question ».

Pour un événement quelconque, on note sa probabilité et son événement contraire.

Dans tout l'exercice, les probabilités sont, si besoin, arrondies à près.

1. Préciser les valeurs des probabilités et .

2. On note la probabilité que l'étudiant interrogé ait réussi l'examen.

2.a. Recopier et compléter l'arbre pondéré ci-dessous.

2.b. Montrer que .

3. L'étudiant interrogé a répondu « oui » à la question. Quelle est la probabilité qu'il ait réussi l'examen ?

4. La note obtenue par un étudiant interrogé au hasard est un nombre entier entre et . On suppose qu'elle est modélisée par une variable aléatoire qui suit la loi binomiale de paramètres . La directrice souhaite attribuer une récompense aux étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats.

À partir de quelle note doit-elle attribuer les récompenses pour que des étudiants soient récompensés ?

5. On interroge au hasard dix étudiants.

Les variables aléatoires modélisent la note sur obtenue à l'examen par chacun d'entre eux. On admet que ces variables sont indépendantes et suivent la même loi binomiale de paramètres .

Soit la variable définie par .

Calculer l'espérance et la variance de la variable aléatoire .

6. On considère la variable aléatoire .

6.a. Que modélise cette variable aléatoire dans le contexte de l'exercice ?

6.b. Justifier que et .

6.c. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, justifier l'affirmation ci-dessous.

« La probabilité que la moyenne des notes de dix étudiants pris au hasard soit strictement comprise entre et est d'au moins ».

Corrigé

1. L'énoncé indique que des étudiants interrogés ont répondu « oui » : c'est la probabilité de l'événement pour un étudiant choisi au hasard, donc

La donnée « des étudiants ayant échoué ont répondu non » porte sur la sous-population des étudiants ayant échoué (événement ) : c'est une probabilité conditionnelle, celle de sachant . Ainsi

De même, « des étudiants ayant réussi ont répondu oui » se traduit par .

2.a. On complète l'arbre à l'aide de la règle « la somme des probabilités des branches issues d'un même nœud est égale à » : , et .

2.b. Les événements et forment une partition de l'univers (un étudiant a réussi ou a échoué, jamais les deux). D'après la formule des probabilités totales :

soit, avec les valeurs de l'arbre,

Or d'après la question 1. On résout donc

On a bien : des étudiants ont réussi l'examen.

Ce que le correcteur attend : la formule des probabilités totales écrite avec la partition et l'équation résolue jusqu'au bout ; « montrer que » n'autorise pas à remplacer par dans l'arbre pour vérifier que l'on retrouve , ce qui serait un raisonnement à l'envers.

3. On sait que l'étudiant a répondu « oui » : on cherche la probabilité conditionnelle , à ne pas confondre avec lue sur l'arbre. Par définition de la probabilité conditionnelle (on a bien ), et avec la règle du produit le long du chemin puis :

Sachant qu'il a répondu « oui », la probabilité que l'étudiant ait réussi l'examen est (arrondie à ).

Ce que le correcteur attend : le renversement du conditionnement. L'arbre donne les probabilités « sachant » ; la question demande « sachant », d'où le passage obligé par et .

4. La variable aléatoire suit la loi binomiale : pour tout entier de à , . Récompenser « à partir de la note », c'est récompenser les étudiants dont la note vérifie . La directrice veut récompenser les meilleurs, donc placer le seuil le plus haut possible tout en récompensant au moins des étudiants : on cherche le plus grand entier tel que

puisque . La calculatrice (fonction de répartition de la loi binomiale) donne les valeurs cumulées suivantes :

Ainsi

et

La suite est décroissante en (plus le seuil est élevé, moins d'étudiants le dépassent), donc le plus grand seuil qui garantit au moins de récompensés est .

Conclusion : la directrice doit attribuer les récompenses à partir de la note ; environ des étudiants seront alors récompensés. Avec un seuil à , seuls d'entre eux le seraient, ce qui est (de peu) inférieur aux demandés.

Remarque. Aucun seuil entier ne donne exactement de récompensés : la question est donc ambiguë. Si on la lit « pour qu'environ des étudiants soient récompensés », le seuil dont le taux est le plus proche de est (avec ), et c'est la réponse retenue par une partie des corrigés publiés ; d'autres, lisant « au moins », retiennent comme ci-dessus. Le correcteur accepte l'une ou l'autre réponse dès lors que les deux probabilités et figurent sur la copie et que le critère de choix est énoncé.

Ce que le correcteur attend : la traduction « à partir de la note » , puis le passage par que fournit la calculatrice ; l'encadrement par les deux valeurs et justifie le choix du seuil.

5. Chaque variable suit la loi . D'après les indicateurs de la loi binomiale :

Par linéarité de l'espérance (valable sans hypothèse d'indépendance) :

Les variables étant indépendantes, la variance de leur somme est la somme de leurs variances :

Ainsi et .

Ce que le correcteur attend : l'hypothèse d'indépendance doit être citée pour la variance (elle ne sert pas pour l'espérance).

6.a. La variable est la somme des notes des dix étudiants interrogés ; en la divisant par leur nombre, modélise la moyenne des notes obtenues à l'examen par les dix étudiants interrogés au hasard. C'est la moyenne d'un échantillon de taille de la loi .

6.b. Pour tout réel , et . Avec :

et

On retrouve les formules de la moyenne d'un échantillon : et avec , et .

6.c. La variable admet une espérance et une variance . D'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, pour tout réel :

L'affirmation porte sur l'événement « ». Or et , donc

Appliquons l'inégalité avec :

L'événement « » est le contraire de « », donc

La probabilité que la moyenne des notes de dix étudiants pris au hasard soit strictement comprise entre et est donc supérieure ou égale à , et a fortiori d'au moins : l'affirmation est justifiée.

Ce que le correcteur attend : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev majore la probabilité de s'écarter de la moyenne (les « queues »), alors que l'affirmation minore la probabilité d'en rester proche : le passage à l'événement contraire est l'étape clé. Il faut aussi identifier à partir des bornes et , symétriques autour de , et noter que l'inégalité stricte « » correspond bien au contraire de « ».

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