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Corrigé bac mathématiques 2024 Métropole jour 2 — Exercice 3 : Fonction et tangente : convexité, dérivée seconde

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2024. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

On considère une fonction définie et deux fois dérivable sur . On note sa courbe représentative dans un repère orthogonal du plan, sa dérivée et sa dérivée seconde.

On a tracé ci-dessous la courbe et sa tangente au point d'abscisse .

On précise que la droite passe par le point .

Partie A : exploitation du graphique

À l'aide du graphique, répondre aux questions ci-dessous.

1. Préciser et .

2. La courbe est-elle convexe sur son ensemble de définition ? Justifier.

3. Conjecturer le nombre de solutions de l'équation et donner une valeur arrondie à près d'une solution.

Partie B : étude de la fonction

On considère que la fonction est définie sur par , où désigne la fonction logarithme népérien.

1. Déterminer par le calcul la limite de la fonction en . Interpréter graphiquement ce résultat.

On admet que .

2. Montrer que pour tout , .

3. Étudier les variations de la fonction sur puis dresser son tableau de variations complet.

4. Montrer que l'équation admet une unique solution sur et donner une valeur arrondie de à près.

5. En déduire le signe de sur .

6. Montrer que admet un unique point d'inflexion et déterminer son abscisse.

Partie C : une distance minimale

Soit la fonction définie sur par .

On note sa courbe représentative dans un repère orthonormé , représentée ci-contre.

Soit un point de d'abscisse .

Le but de cette partie est de déterminer pour quelle valeur de la distance est minimale.

On considère la fonction définie sur par .

1. Justifier que pour tout , on a : .

2. On admet que la fonction est dérivable sur et on note sa fonction dérivée. On admet également que pour tout réel ,

est la fonction étudiée en partie B.

2.a. Dresser le tableau de variations de sur . Les limites ne sont pas demandées.

2.b. En déduire que la valeur de pour laquelle la distance est minimale est est le nombre réel défini à la question 4 de la partie B.

3. On notera le point de d'abscisse .

3.a. Montrer que .

3.b. En déduire que la tangente à au point et la droite sont perpendiculaires.

On pourra utiliser le fait que, dans un repère orthonormé, deux droites sont perpendiculaires lorsque le produit de leurs coefficients directeurs est égal à .

Corrigé

Partie A : exploitation du graphique

1. Le point de a pour abscisse ; on lit sur le graphique son ordonnée (il est sur la quatrième ligne horizontale sous l'axe des abscisses, chaque carreau valant ), donc .

Le nombre dérivé est le coefficient directeur de la tangente à au point . Cette droite passe par et par , donc

Ainsi et . (La tangente a pour équation .)

2. Non. D'après la caractérisation des fonctions convexes dérivables, si était convexe sur , la courbe serait située entièrement au-dessus de chacune de ses tangentes, en particulier au-dessus de . Or, sur le graphique, à gauche du point , la courbe traverse la droite (vers l'abscisse ) et se trouve en dessous de pour les abscisses proches de : par exemple à l'abscisse , le point de est à l'ordonnée tandis que le point de est en dessous, vers . La courbe n'est donc pas au-dessus de sa tangente : n'est pas convexe sur son ensemble de définition.

On observe d'ailleurs que la courbe est « tournée vers le bas » (concave) près de puis « tournée vers le haut » (convexe) ensuite : elle semble admettre un point d'inflexion d'abscisse voisine de , là où elle traverse sa tangente. La question 6 de la partie B le confirmera.

Ce que le correcteur attend : un argument précis et non une impression visuelle : convexe courbe au-dessus de toutes ses tangentes, et la tangente fournit un contre-exemple lisible sur le graphique.

3. Les solutions de sont les abscisses des points d'intersection de avec l'axe des abscisses. Sur le graphique, la courbe est en dessous de cet axe à gauche, le coupe une seule fois entre et le point d'abscisse , puis reste au-dessus : on conjecture que l'équation admet une unique solution. Le point d'intersection est situé vers le milieu du carreau : la solution vaut environ (arrondi à ). Sur un graphique, on ne peut pas lire mieux que le dixième : c'est le calcul de la partie B qui précisera .

Partie B : étude de la fonction

1. Étudions la limite de en par valeurs supérieures ().

Par somme d'une limite finie et d'une limite infinie :

Interprétation graphique : la droite d'équation est une asymptote verticale à la courbe : la courbe « plonge » le long de cette droite quand se rapproche de , ce que l'on devine sur le graphique à gauche.

2. La fonction est dérivable sur comme somme de la fonction polynôme et de la fonction , de la forme avec sur cet intervalle et ; d'après la formule , sa dérivée est . Ainsi, pour tout :

Réduisons au même dénominateur :

C'est bien l'expression annoncée.

3. Le signe de est celui du quotient .

Par quotient de deux quantités strictement positives, pour tout : la fonction est strictement croissante sur . Avec (question 1) et (admis), on obtient le tableau de variations :

Les valeurs et aux bornes sont des limites, non atteintes ( n'appartient pas à l'ensemble de définition).

4. Sur l'intervalle , la fonction est :

D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection, étendu à un intervalle ouvert en remplaçant les valeurs aux bornes par les limites), l'équation admet une unique solution sur .

Valeur approchée. À la calculatrice :

Comme est strictement croissante, . Pour arrondir au centième, on teste le milieu : , donc et

Une valeur plus précise est , cohérente avec la lecture graphique de la partie A.

Ce que le correcteur attend : les trois hypothèses du corollaire (continuité, stricte monotonie, position de par rapport aux limites) explicitement citées ; l'unicité vient de la stricte croissance. L'arrondi au centième exige l'encadrement , et non seulement .

5. La fonction est strictement croissante sur et s'annule en . Donc :

Ainsi sur , et sur .

6. La fonction est dérivable sur (somme de la fonction affine et de , inverse d'une fonction affine ne s'annulant pas). En dérivant l'expression , avec :

Le dénominateur est strictement positif : le signe de est celui de . Pour , on a , donc

la fonction racine carrée étant strictement croissante sur . Posons . On obtient :

concaveconvexe

La dérivée seconde s'annule en en changeant de signe (négative avant, positive après), et en aucun autre point. D'après la caractérisation analytique du point d'inflexion, la courbe admet un unique point d'inflexion, d'abscisse

La courbe est concave sur et convexe sur , ce qui confirme la réponse de la question 2 de la partie A : (d'abscisse ) est dans la partie convexe, et la courbe repasse sous sa tangente à gauche de .

Ce que le correcteur attend : doit s'annuler en changeant de signe : dire « » ne suffit pas. On n'oublie pas que pour ne garder que la racine positive de .

Partie C : une distance minimale

1. Dans le repère orthonormé , le point a pour coordonnées et le point de d'abscisse a pour coordonnées . Le repère étant orthonormé, la distance de deux points se calcule par la formule , donc, pour tout :

Remarque. On peut retrouver l'expression admise de : .

2.a. Pour tout , avec et : le signe de est celui de , déterminé à la question 5 de la partie B. Donc sur , et sur : la fonction est strictement décroissante sur et strictement croissante sur .

La fonction admet donc un minimum sur , atteint en uniquement. (Avec la question 3.a, .)

2.b. La distance est positive et . La fonction racine carrée est strictement croissante sur , donc est minimale exactement lorsque est minimale, c'est-à-dire, d'après le tableau de variations, pour et seulement pour cette valeur. La valeur de pour laquelle la distance est minimale est donc , et cette distance minimale vaut .

Ce que le correcteur attend : la stricte croissance de la racine carrée, qui justifie le passage de « minimale » à « minimale ».

3.a. Le réel est la solution de l'équation (partie B, question 4) : , c'est-à-dire

3.b. Coefficient directeur de la tangente. La fonction est dérivable sur et . La tangente à au point a pour coefficient directeur

Coefficient directeur de . Les points et ont des abscisses distinctes puisque (en effet , et d'ailleurs ) ; la droite n'est donc pas verticale et son coefficient directeur vaut, en utilisant la question 3.a :

Conclusion. Le produit des coefficients directeurs vaut

Le repère étant orthonormé, la tangente à en et la droite sont perpendiculaires. Géométriquement, le point de le plus proche de est celui où le segment est normal à la courbe : la partie C retrouve ainsi, par le calcul, la propriété du projeté orthogonal.

Ce que le correcteur attend : justifier avant de diviser par , et remplacer par (question 3.a) pour faire apparaître la factorisation par .

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