Corrigé bac mathématiques 2024 Métropole jour 2 — Exercice 4 : Vrai/Faux : plans, coplanarité, projeté orthogonal
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2024. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
Dans l'espace muni d'un repère orthonormé, on considère les points suivants :
Affirmation 1 : les points , et définissent un plan d'équation .
Affirmation 2 : les points , , et sont coplanaires.
Affirmation 3 : les droites et sont sécantes.
On admet que le plan a pour équation cartésienne .
Affirmation 4 : le point est le projeté orthogonal du point sur le plan .
Corrigé
Affirmation 1 : VRAIE.
L'affirmation contient deux choses à vérifier : que les trois points définissent bien un plan (ils ne sont pas alignés), puis que ce plan admet l'équation proposée.
Les points , et ne sont pas alignés. Calculons
S'il existait un réel tel que , la deuxième coordonnée donnerait , soit , et la première donnerait alors , ce qui est absurde. Les vecteurs et ne sont pas colinéaires : les points , et ne sont pas alignés et définissent un plan .
Le vecteur est normal à . Le repère étant orthonormé, on utilise l'expression analytique du produit scalaire :
Le vecteur non nul est orthogonal aux deux vecteurs non colinéaires et du plan : c'est un vecteur normal à .
Équation cartésienne. D'après le théorème sur l'équation cartésienne d'un plan, admet une équation de la forme avec . Le point appartient à , donc , soit . Une équation cartésienne de est bien
Vérification par les deux autres points : pour , ; pour , . Les trois points vérifient l'équation. L'affirmation 1 est vraie.
Ce que le correcteur attend : vérifier que les trois points satisfont l'équation ne suffit pas à lui seul : il faut aussi qu'ils ne soient pas alignés (sinon ils ne « définissent » pas un plan, et une infinité de plans passeraient par eux). Une autre rédaction, aussi valable : l'équation proposée est celle d'un plan (ses coefficients , , ne sont pas tous nuls), les trois points non alignés lui appartiennent, donc ce plan est .
Affirmation 2 : FAUSSE.
Les points , et définissent le plan (affirmation 1). Les quatre points , , , sont coplanaires si et seulement si appartient à ce plan, c'est-à-dire si ses coordonnées vérifient l'équation . Or, pour :
Le point n'appartient pas au plan : les points , , et ne sont pas coplanaires. L'affirmation 2 est fausse. (Ils forment un tétraèdre non aplati.)
Ce que le correcteur attend : réutiliser le plan de l'affirmation 1 rend la réponse immédiate ; on peut aussi montrer que n'est pas combinaison linéaire de et , mais c'est plus long.
Affirmation 3 : VRAIE.
Vecteurs directeurs. La droite est dirigée par et la droite par
Ces vecteurs ne sont pas colinéaires : si , la première coordonnée impose et la deuxième , ce qui est contradictoire. Les droites ne sont donc pas parallèles : elles sont soit sécantes, soit non coplanaires. Il faut chercher un point commun.
Représentations paramétriques. Un point appartient à si et seulement s'il existe tel que , et à si et seulement s'il existe tel que :
Recherche d'un point commun. Un point commun correspond à un couple solution du système
La troisième équation donne . En reportant dans la première : , d'où . Vérifions la deuxième équation, qui n'a pas encore servi : et . Elle est satisfaite : le système admet la solution .
Le point correspondant est, avec dans : ; avec dans : . Les deux droites, non parallèles, ont le point en commun : elles sont sécantes en . L'affirmation 3 est vraie.
Ce que le correcteur attend : le système a trois équations pour deux inconnues : on résout avec deux équations et l'on vérifie la troisième, c'est elle qui décide entre « sécantes » et « non coplanaires ». Il est indispensable d'utiliser deux paramètres différents ( et ) pour les deux droites.
Affirmation 4 : VRAIE.
Par définition, le projeté orthogonal de sur le plan est le point d'intersection de ce plan avec la droite passant par et orthogonale au plan. Le point est donc le projeté orthogonal de si et seulement si les deux conditions suivantes sont réunies : appartient au plan , et la droite est orthogonale au plan .
Le point appartient à . Pour : . Les coordonnées de vérifient l'équation : .
La droite est orthogonale à . D'après l'équation cartésienne, le vecteur est normal au plan . Or
Le vecteur est colinéaire au vecteur normal (et non nul) : la droite est orthogonale au plan .
Les deux conditions sont satisfaites : est le projeté orthogonal de sur le plan . L'affirmation 4 est vraie. On en déduit au passage que la distance de au plan vaut .
Vérification de l'équation admise : : ; : ; : . Les trois points sont bien dans le plan d'équation . On note que n'y est pas (), ce qui confirme l'affirmation 2.
Ce que le correcteur attend : les deux conditions, appartenance de au plan et orthogonalité de au plan ; l'une sans l'autre ne prouve rien. L'orthogonalité se lit sur la colinéarité de avec le vecteur normal fourni par l'équation cartésienne, sans qu'il soit nécessaire de calculer deux produits scalaires.