Corrigé bac mathématiques 2026 Amérique du Nord jour 2 — Exercice 2 : Fonction f(x) = 2x/√(1+x²), suite récurrente et somme de termes
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
Travailler ce sujet sur Adloun Sujet officiel (PDF) Corrigé complet (PDF)
Énoncé
Partie A : étude du sens de variation d'une fonction
On considère la fonction définie sur par .
1. Résoudre l'équation .
2.a. On admet que la fonction est dérivable sur . Vérifier que, pour tout réel , on a .
2.b. En déduire le sens de variation de la fonction sur .
Partie B : étude de la convergence d'une suite récurrente
La suite est définie par et, pour tout entier naturel , .
1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel , on a .
2. En déduire que la suite converge et déterminer sa limite.
3. Le but de cette question est de retrouver par une autre méthode les résultats de la question 2. de la partie B. Pour tout entier naturel , on pose :
On admet que la suite est bien définie.
3.a. Démontrer que la suite est une suite géométrique de raison dont on précisera le premier terme.
3.b. En déduire une expression de en fonction de puis que pour tout entier naturel .
3.c. En déduire la limite de la suite .
Partie C : étude de la convergence de la somme de termes
Pour tout entier naturel non nul, on pose .
1. Recopier et compléter le script Python ci-dessous afin que celui-ci permette de lister les premiers termes de la suite .
from math import*
def termes(p) :
u=...
S=0
L=[]
for i in range(p) :
S=...
u=...
L.append(S)
return L
Remarque : on rappelle qu'en langage Python, la commande L=[] crée une liste vide ; la commande L.append(S) ajoute, à la fin de la liste L, l'élément supplémentaire S.
2. On rappelle que, pour tout entier naturel , on a . Démontrer que, pour tout entier naturel non nul, on a .
3. En déduire les limites respectives de et de lorsque tend vers .
Corrigé
Partie A
1. Pour tout réel , : l'équation est définie sur . On la ramène à un produit nul :
Un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs l'est.
- Soit ;
- soit , c'est-à-dire . Les deux membres étant positifs, on peut élever au carré : , donc et ou .
L'ensemble des solutions est .
2.a. Écrivons , produit de et de . On a et, en dérivant comme composée ( puis dérivée d'un quotient, avec ) :
La formule donne alors
où l'on a réduit au même dénominateur . C'est bien l'expression annoncée.
2.b. Pour tout réel , et , donc le dénominateur est strictement positif ; le numérateur vaut . Ainsi sur : la fonction est strictement croissante sur .
Partie B
1. Notons la propriété : « ». Démontrons-la par récurrence.
Initialisation. On a et . Comme (car ), la propriété est vraie.
Hérédité. Supposons vraie pour un entier naturel fixé, c'est-à-dire . La fonction étant strictement croissante sur (partie A), elle conserve l'ordre : en appliquant à cet encadrement,
c'est-à-dire, puisque et :
Comme , on obtient : est vraie.
Conclusion. est vraie et est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel , .
Ce que le correcteur attend : l'hérédité s'obtient en appliquant à l'encadrement entier et en invoquant explicitement la stricte croissance de ; le calcul (déjà visible en partie A : est un point fixe) est indispensable pour conserver la borne.
2. D'après la question précédente, pour tout : la suite est croissante ; et pour tout : elle est majorée par . D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge : converge vers un réel .
Déterminons . La fonction est continue sur (elle y est dérivable), donc en passant à la limite dans on obtient : est solution de l'équation de la partie A, donc . Or pour tout , donc par passage à la limite dans l'inégalité . Seule la valeur convient :
3.a. Calculons d'abord :
Puis le dénominateur de :
Comme , on a : ce dénominateur n'est pas nul, et
Pour tout entier naturel , : la suite est géométrique de raison , de premier terme
3.b. Une suite géométrique de raison et de premier terme vérifie , donc
Revenons à : de on tire , soit , c'est-à-dire . Comme , et
Enfin , donc est la racine carrée de :
3.c. Le quotient présente une forme indéterminée « » : on factorise par le terme dominant au numérateur et au dénominateur, ou, ce qui revient au même, on divise les deux par :
Comme , , donc et, par quotient, . La fonction racine carrée étant continue sur , on conclut
ce qui confirme le résultat de la question 2.
Partie C
1. La variable u doit contenir successivement : on l'initialise à . À chaque tour de boucle on ajoute à la somme S, puis on remplace u par le terme suivant , avant d'ajouter la somme courante à la liste. Le script complété est :
from math import*
def termes(p) :
u=1
S=0
L=[]
for i in range(p) :
S=S+u**2
u=2*u/sqrt(1+u**2)
L.append(S)
return L
Au tour , S devient et est ajouté à la liste ; au tour , S devient , etc. La fonction renvoie donc la liste des premiers termes de .
Ce que le correcteur attend : l'ordre des deux affectations est déterminant. Si l'on met à jour u avant de l'ajouter à S, la somme démarre à et le terme est perdu.
2. Soit un entier naturel. On a , et ces trois nombres sont positifs ; la fonction carré étant croissante sur , on peut élever au carré en conservant l'ordre :
Soit maintenant un entier naturel non nul. La somme comporte exactement termes ( jusqu'à ). En additionnant membre à membre les encadrements précédents pour :
3. Limite de . De et , on déduit par le théorème de comparaison (minoration par une suite tendant vers ) :
Limite de . Pour , : en divisant l'encadrement par , l'ordre est conservé :
Or et : les deux suites encadrantes ont la même limite , donc d'après le théorème des gendarmes :
Ce que le correcteur attend : tend vers mais « pas trop vite » : elle croît comme , donc tend vers . Le théorème des gendarmes exige que les deux bornes aient la même limite ; diviser par (et non ) donnerait , ce qui ne suffirait pas à conclure.