Corrigé bac mathématiques 2026 Amérique du Nord jour 2 — Exercice 4 : Étude de f(x) = x(ln x)² : variations, équation et intégration par parties
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
On considère la fonction définie sur l'intervalle par .
On admet que la fonction est dérivable sur l'intervalle . On note sa fonction dérivée.
1. Déterminer la limite de la fonction en .
2. Pour tout réel , on pose .
2.a. Démontrer que pour tout réel , on a .
2.b. En déduire .
3. Dans cette question, on étudie les variations de la fonction sur l'intervalle .
3.a. Démontrer que sur l'intervalle , .
3.b. En déduire les variations de la fonction sur l'intervalle .
3.c. Donner la valeur exacte du maximum de la fonction sur l'intervalle .
4. On considère l'équation .
4.a. Justifier que, sur l'intervalle , cette équation admet une unique solution. On note cette solution.
4.b. Donner un encadrement de d'amplitude .
5. Soit un nombre réel appartenant à l'intervalle .
5.a. Donner une interprétation géométrique de .
5.b. À l'aide d'une intégration par parties, justifier que :
5.c. En utilisant à nouveau une intégration par parties, démontrer que :
5.d. Déterminer la limite de quand tend vers .
Corrigé
1. Quand , , donc (la fonction carré tend vers en ). Par produit de deux facteurs tendant vers :
Il n'y a ici aucune forme indéterminée.
2.a. Soit ; alors et est bien défini. En utilisant :
puis, en élevant au carré (et comme ) :
2.b. D'après le théorème des croissances comparées en , , c'est-à-dire .
Or : d'après le théorème sur la limite d'une fonction composée, . Enfin, la fonction étant continue en et valant en :
Ce que le correcteur attend : la forme indéterminée est « ». La question 2.a sert précisément à la ramener à la croissance comparée du cours, , qui porte sur et non sur .
3.a. La fonction est le produit de et de . On a et, en dérivant comme composée avec , . D'après , pour tout :
En factorisant par :
3.b. Le signe de est celui d'un produit de deux facteurs :
- , et ;
- , et .
Comme , on obtient, sur :
- sur : et , donc ;
- sur : et , donc ;
- sur : et , donc .
Avec les valeurs , , ainsi que (question 2.b) et (question 1.), le tableau de variations est :
La fonction est strictement croissante sur , strictement décroissante sur , puis strictement croissante sur . Le inscrit sous la borne du tableau n'est pas une valeur de (la fonction n'y est pas définie) mais la limite obtenue à la question 2.b ; en revanche la valeur en est bien atteinte, puisque .
3.c. Sur , la fonction croît jusqu'en puis décroît : elle atteint son maximum en , et ce maximum vaut
4.a. Traitons séparément les deux intervalles de monotonie utiles.
Sur : d'après la question 3.c, pour tout de cet intervalle, . L'équation n'y a donc aucune solution.
Sur : la fonction est dérivable donc continue, et strictement croissante (question 3.b), avec et . Comme est compris entre et cette limite, le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection, étendu à un intervalle non borné en remplaçant la valeur en la borne par la limite) assure que l'équation admet une unique solution dans .
En réunissant les deux intervalles, l'équation admet une unique solution sur .
Ce que le correcteur attend : les trois hypothèses du corollaire (continuité, stricte monotonie, valeur cible entre les images ou limites aux bornes) doivent être citées ; et l'unicité sur tout exige d'écarter explicitement l'intervalle , où n'est pas monotone mais reste majorée par .
4.b. La fonction étant strictement croissante sur , il suffit d'encadrer par deux valeurs de . À la calculatrice :
Ainsi , et la stricte croissance donne
encadrement d'amplitude .
5.a. Sur , on a et , donc : la fonction est positive sur , et . L'intégrale est donc l'aire, exprimée en unités d'aire, du domaine du plan délimité par la courbe représentative de , l'axe des abscisses et les deux droites d'équations et .
5.b. Remarque sur l'énoncé : tel qu'il est imprimé, le second membre comporte l'intégrale ; la relation exacte, et celle qu'utilise la question 5.c, fait intervenir (les bornes sont les mêmes que celles de l'intégrale de gauche). C'est cette relation que l'on démontre. On peut aussi conserver les bornes imprimées à condition de changer le signe, puisque :
Les fonctions et sont dérivables sur (inclus dans ) et leurs dérivées
y sont continues : on peut appliquer la formule d'intégration par parties . Avec :
car . Comme , le crochet vaut
d'où
5.c. Calculons par une seconde intégration par parties, en posant cette fois (donc ) et (donc ), toujours dérivables à dérivées continues sur :
Le crochet vaut , et . Donc
En reportant dans la relation de la question 5.b :
C'est bien l'égalité demandée.
Vérification : pour , le second membre vaut , ce qui est cohérent puisque .
5.d. Étudions séparément les trois termes dépendant de lorsque .
- : par croissances comparées, , donc et ;
- par croissances comparées (cas en ), donc ;
- , donc .
Par somme de limites :
Géométriquement (question 5.a), l'aire du domaine situé sous la courbe de entre et ne croît pas indéfiniment lorsque se rapproche de : elle tend vers la valeur finie unité d'aire.
Ce que le correcteur attend : le terme ne se traite pas par la croissance comparée brute ; il faut reconnaître le carré de (même idée qu'à la question 2.a) pour lever la forme indéterminée « ».