Corrigé bac mathématiques 2026 Asie jour 1 — Exercice 3 : Géométrie dans l'espace : plans, droite et intersection
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
Dans l'espace muni d'un repère orthonormé de l'espace, on considère les points suivants ; ; ; ; et .
1.a. Montrer que les points , et ne sont pas alignés.
1.b. Justifier que le vecteur est normal au plan .
1.c. En déduire qu'une équation cartésienne du plan est .
2.a. Montrer que le point n'appartient pas au plan .
2.b. Montrer que les vecteurs , et ne sont pas coplanaires.
2.c. En déduire que la droite et le plan sont sécants.
Pour la suite de l'exercice, on appellera le point d'intersection de la droite et du plan .
3.a. Montrer qu'une représentation paramétrique de la droite est :
3.b. En déduire les coordonnées du point .
3.c. Montrer que le point est le milieu du segment .
4. Déterminer l'intersection des plans et .
Corrigé
1.a. Calculons les coordonnées de deux vecteurs d'origine :
Ces deux vecteurs sont colinéaires si et seulement s'il existe un réel tel que . La première coordonnée imposerait , mais alors la deuxième donnerait : c'est impossible. Les vecteurs et ne sont donc pas colinéaires, et les points , et ne sont pas alignés. Ils définissent bien un plan .
1.b. On calcule
Ce vecteur n'est pas le vecteur nul. Les vecteurs et sont deux vecteurs non colinéaires du plan d'après la question 1.a ; il suffit donc de vérifier que est orthogonal à chacun d'eux. Dans un repère orthonormé, le produit scalaire se calcule coordonnée par coordonnée :
Le vecteur , non nul, est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan : il est donc orthogonal à tout vecteur directeur de ce plan, c'est-à-dire normal au plan .
Ce que le correcteur attend : les deux produits scalaires et le rappel que les vecteurs et ne sont pas colinéaires. L'orthogonalité à un seul vecteur du plan ne suffirait pas.
1.c. Un plan de vecteur normal admet une équation cartésienne de la forme . Le vecteur est normal au plan ; le vecteur , de coordonnées , lui est colinéaire et non nul, donc lui aussi normal au plan. Une équation cartésienne de s'écrit donc
Le point appartient au plan, donc ses coordonnées vérifient l'équation :
Une équation cartésienne du plan est donc .
Vérification par les deux autres points : pour , ; pour , . Les trois points appartiennent bien au plan d'équation .
2.a. On reporte les coordonnées de dans le membre de gauche de l'équation du plan :
Les coordonnées de ne vérifient pas l'équation : le point n'appartient pas au plan .
2.b. On calcule
Raisonnons par l'absurde. Si les vecteurs , et étaient coplanaires, alors, et n'étant pas colinéaires, le vecteur s'écrirait comme une combinaison linéaire de et : serait un vecteur directeur du plan , donc orthogonal à son vecteur normal . Or
Le vecteur n'est donc pas orthogonal à : c'est absurde. Par conséquent, les vecteurs , et ne sont pas coplanaires.
2.c. Les vecteurs et dirigent le plan , et le vecteur dirige la droite (il est non nul puisque ). Si la droite était parallèle au plan — qu'elle y soit incluse ou non — son vecteur directeur serait coplanaire avec et , ce que la question 2.b interdit. La droite n'est donc pas parallèle au plan : elle est sécante à ce plan, qu'elle coupe en un unique point, que l'énoncé nomme .
3.a. La droite passe par le point et admet pour vecteur directeur . Un point appartient à si et seulement s'il existe un réel tel que , c'est-à-dire
C'est bien la représentation paramétrique annoncée (pour on retrouve , pour on retrouve ).
3.b. Le point appartient à la droite : ses coordonnées sont de la forme pour un certain réel . Il appartient aussi au plan : ses coordonnées vérifient donc , soit
En reportant cette valeur dans la représentation paramétrique :
d'où
Vérification : , donc appartient bien au plan .
3.c. Le milieu du segment a pour coordonnées les moyennes des coordonnées de et de :
Ces coordonnées sont exactement celles du point obtenues à la question 3.b : deux points ayant les mêmes coordonnées dans un repère sont confondus, donc . Le point est le milieu du segment .
4. Montrons d'abord que les deux plans sont sécants, puis identifions leur droite d'intersection.
Les points , et ne sont pas alignés : en effet
ne sont pas colinéaires (la troisième coordonnée de est nulle alors que celle de ne l'est pas). Le plan est donc bien défini.
Ces deux plans sont distincts : le point appartient au plan mais pas au plan d'après la question 2.a. Or ils ont au moins un point commun, le point , qui appartient à et à par construction. Deux plans distincts ayant un point commun sont sécants selon une droite.
Cherchons un second point commun. D'après la question 3.b, le point appartient au plan ; il appartient aussi à la droite , elle-même incluse dans le plan (ce plan contient et ). Donc appartient aux deux plans. Comme (leurs coordonnées diffèrent), la droite d'intersection des plans et est la droite .
Enfin, d'après la question 3.c, est le milieu de : les points , et sont alignés, et . L'intersection des plans et est donc la droite
Contrôle par le calcul. Un vecteur normal au plan est un vecteur orthogonal à et à , c'est-à-dire vérifiant et : en prenant , on obtient puis , soit . Le plan a donc une équation de la forme , et donne : son équation est (on vérifie : pour , ; pour , ). Les vecteurs normaux et n'étant pas colinéaires, les plans sont bien sécants. En résolvant le système formé des deux équations, on tire de la première, puis , soit : en posant , la droite d'intersection a pour représentation paramétrique
qui donne pour , pour et pour : c'est bien la droite .
Ce que le correcteur attend : la réponse « une droite » ne suffit pas, il faut l'identifier ; et le raisonnement « deux plans distincts, deux points communs » exige de justifier que les plans sont distincts (c'est le rôle de la question 2.a) et que les deux points communs sont distincts.