Corrigé bac mathématiques 2026 Métropole jour 1 — Exercice 3 : Système de chauffage : équation différentielle et suite
Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.
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Énoncé
On étudie le fonctionnement d'un système de chauffage installé dans une pièce.
Ce système se déclenche automatiquement dès que la température de la pièce est inférieure ou égale à C (degrés Celsius), et s'éteint lorsqu'elle atteint C.
Partie A : Phase de chauffage
Pour une température de la pièce variant de C à C, le système de chauffage fonctionne en continu. La température de la pièce augmente progressivement.
Dans cette partie, on modélise la température de la pièce, en degré Celsius, à l'instant , exprimé en dizaines de minutes, par une fonction définie sur .
On admet que la fonction est :
- dérivable sur ;
- solution de l'équation différentielle : où est une fonction de la variable , définie et dérivable sur .
On note la fonction dérivée de la fonction .
On suppose qu'au début de l'étude, la température de la pièce est de C. Ainsi .
1. Donner les solutions de l'équation différentielle sur .
2. En déduire que pour tout nombre réel appartenant à l'intervalle , on a :
3. Selon ce modèle, déterminer au bout de combien de temps la pièce atteindra la température de C. On exprimera le résultat en heures et minutes arrondi à la minute.
4. Si une panne du système de chauffage l'empêche de s'éteindre lorsque la température de la pièce atteint C, la température de la pièce pourra-t-elle dépasser C selon ce modèle ? Justifier.
Partie B : Phase de refroidissement
Lorsque la pièce atteint la température de C, le système de chauffage s'éteint et la pièce refroidit.
On modélise la température de la pièce par la suite définie par et pour tout entier naturel :
où est un nombre entier exprimant le temps écoulé en dizaines de minutes.
1. Montrer que .
2. Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel , on a .
On admet que la suite est décroissante.
3. En déduire que la suite est convergente.
4. On note la limite de la suite .
4.a. Justifier que cette limite est solution de l'équation .
4.b. Déterminer et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
5. On rappelle que le système de chauffage se met en marche automatiquement dès que la température de la pièce est inférieure ou égale à C.
5.a. Recopier et compléter les lignes 4, 5 et 6 du programme écrit en langage Python ci-dessous, afin qu'il renvoie le nombre de dizaines de minutes à partir duquel le système de chauffage se remettra en marche.
def marche() :
n = 0
u = 20
while ... :
u = ...
n = ...
return n
5.b. Déterminer le temps, en dizaines de minutes, à partir duquel le système de chauffage se remettra en marche.
Corrigé
Partie A : Phase de chauffage
1. L'équation : est de la forme avec et . D'après le théorème du cours sur les solutions de (cas ), ses solutions sont les fonctions de la forme , où est un réel quelconque. Ici
et est la solution constante de (on vérifie que ). Les solutions de sur sont donc les fonctions
2. La fonction est solution de : il existe donc un réel tel que, pour tout , . La condition initiale détermine :
Ainsi, pour tout réel de :
3. On cherche l'instant tel que :
La fonction étant strictement croissante sur et :
Cette solution est unique : , donc est strictement croissante et ne prend qu'une fois la valeur . Le temps est exprimé en dizaines de minutes : minutes, soit, arrondi à la minute, minutes. Comme , la pièce atteint C au bout d'environ 1 h 22 min.
Ce que le correcteur attend : la conversion des dizaines de minutes en minutes avant l'arrondi (arrondir à dizaines donnerait h min, ce qui est faux), et une valeur exacte écrite avant l'approximation.
4. Pour tout réel , (une exponentielle est strictement positive), donc et
Selon ce modèle, la température de la pièce reste strictement inférieure à C à tout instant : elle ne pourra donc jamais dépasser C, même si le système ne s'éteint pas. Plus précisément, est strictement croissante et donne : la température se rapproche de C, l'état d'équilibre du modèle (la solution constante de ), sans jamais l'atteindre.
Partie B : Phase de refroidissement
1. D'après la relation de récurrence avec et :
car . On a bien .
2. Montrons par récurrence que, pour tout entier naturel , la propriété : « » est vraie.
Initialisation. : est vraie.
Hérédité. Supposons que, pour un certain entier naturel , soit vraie, c'est-à-dire . Montrons que .
- En multipliant l'hypothèse de récurrence par : .
- Par ailleurs, (exponentielle), donc .
En additionnant membre à membre :
Ainsi est vraie : la propriété est héréditaire.
Conclusion. La propriété est vraie au rang et héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel , .
3. La suite est décroissante (admis) et minorée par (question 2). D'après le théorème de convergence monotone, toute suite décroissante et minorée est convergente : la suite converge donc vers un réel , et .
Ce que le correcteur attend : le théorème nommé et ses deux hypothèses citées (décroissante et minorée) ; la minoration par vient de la question précédente, c'est le « en déduire » de l'énoncé.
4.a. La suite converge vers , donc la suite converge aussi vers (c'est la même suite décalée d'un rang). D'autre part, et , donc par composition . Par opérations sur les limites (produit par une constante, somme) :
Or cette expression est , dont la limite est . Par unicité de la limite,
La limite est donc solution de l'équation .
4.b. Résolvons cette équation :
L'équation a pour unique solution , donc .
Interprétation : si le système de chauffage ne se remettait jamais en marche, la température de la pièce diminuerait en se rapprochant de C sans jamais descendre en dessous (on a montré pour tout ) : C est la température d'équilibre de la pièce non chauffée. En réalité, le chauffage se rallume dès C, et cette limite n'est jamais approchée.
5.a. La fonction doit parcourir les termes de la suite tant que la température est strictement supérieure à C, et s'arrêter au premier indice pour lequel , condition de remise en marche du chauffage. À l'entrée dans la boucle, la variable u contient et la variable n contient ; on calcule à partir de et de , puis on incrémente :
def marche() :
n = 0
u = 20
while u > 18 :
u = 0.965 * u + 0.35 + 0.07 * exp(-0.1 * n)
n = n + 1
return n
La ligne 4 traduit « tant que le chauffage n'a pas à se rallumer » (u > 18, le contraire de ) ; la ligne 5 est la relation de récurrence, dans laquelle l'exposant utilise la valeur courante de n, celle de ; la ligne 6 passe au rang suivant. L'ordre des lignes 5 et 6 est essentiel : si l'on incrémentait n avant de calculer u, l'exposant serait au lieu de . À la sortie de la boucle, u contient le premier terme et n son indice, que la fonction renvoie. (La fonction exp suppose l'instruction from math import exp en tête du programme.)
5.b. On calcule les termes successifs de la suite avec la relation de récurrence (valeurs arrondies à ) :
Par exemple . On lit et : le premier indice pour lequel est , et c'est la valeur que renvoie marche(). La suite étant décroissante, on a d'ailleurs pour tout .
Le système de chauffage se remettra donc en marche au bout de dizaines de minutes, c'est-à-dire minutes (1 h 20 min) après son extinction.
Ce que le correcteur attend : l'encadrement écrit explicitement (le programme s'arrête au premier franchissement du seuil), avec les valeurs numériques qui le justifient.